Alors que l’enquête se poursuivait hier avec l’audition des ouvriers qui étaient on duty mardi soir au moment où Xavier Luc Brondon Lallsingh (21 ans) a perdu la vie après une chute dans un mélangeur de cendres, le ministre du Travail a émis certaines critiques contre Médine Ltd. L’usine sucrière n’a pas listé le mélangeur de cendres dans les évaluations de “risk assessment”, a déclaré Shakeel Mohamed. De son côté, Médine précise que cette machine est utilisée de façon discontinue.
Intervenant dans le cadre du 30e anniversaire de l’Institution of Occupational Safety & Health Management à Beau-Bassin hier soir, Shakeel Mohamed a relevé les premières indications de l’enquête initiée par son ministère à la suite de l’accident de travail survenu mardi vers 21 h 50 provoquant la mort de Xavier Luc Brondon Lallsingh (21 ans). Le ministre a indiqué que Médine n’avait pas mentionné la présence du mélangeur de cendres dans le rapport du risk assessment.
Contactés par Le Mauricien sur les propos du ministre du Travail, les responsables de la communication de Médine Ltd ont confirmé que lors du risk assessment interne de l’usine en mai 2011, le broyeur de cendres n’était pas listé sur le rapport. Shakeel Mohamed a quant à lui ajouté hier qu’au moment où les officiers du ministère ont effectué un site visit il y a un mois, l’usine sucrière n’a pas informé son intention d’utiliser la machine dans les prochaines semaines.
Médine se défend pour sa part en expliquant que ce mélangeur de cendres a été acquis et installé en 2009 pour opérer de façon discontinue durant les saisons de coupe. L’usine sucrière avance qu’elle a l’habitude d’utiliser une machine hydraulique, mais qu’avec la période de sécheresse, elle a préféré mettre en opération cette machine pneumatique.
L’usine confirme que ce n’est que lundi qu’elle a commencé à utiliser le mélangeur de cendres, testé en interne il y a quelques semaines. Les responsables de la communication ont réaffirmé que Xavier Luc Brondon Lallsingh a bénéficié de plusieurs formations pour travailler sur cette machine. Selon eux, le couvercle du broyeur doit uniquement être enlevé qu’en cas de maintenance, mais la victime aurait tenté de l’ouvrir dans la soirée de mardi.
Les opérations ont repris hier matin à Médine, après la suspension des activités mercredi, à la suite du drame. Les employés de la compagnie sucrière ont débuté leur journée d’hier avec un brassard noir au bras en hommage à leur défunt collègue.