Le conducteur de l’autobus de la CNT impliqué dans le terrible accident de Sorèze du 3 mai 2013, qui avait fait 10 morts, n’était pas « fit to drive » le jour où le drame s’est produit. C’est ce qu’a déclaré le psychologue Rajah Madhewoo à la police hier. Ce dernier s’était porté volontaire pour donner une enquête à la police étant donné qu’il avait porté secours aux victimes, se trouvant à proximité des lieux au moment de l’accident.
Le 6 juin dernier, Rajah Madhewoo a fait une plainte au Bureau du Directeur des Poursuites Publiques, à l’effet qu’il n’avait pas été approché par la police pour donner une déclaration à plus d’un an après ce terrible drame, alors qu’il a été une des personnes ayant aidé à secourir un certain nombre de victimes et à extirper des corps écrasés sous le poids de l’autobus.
Suite à la plainte, le Bureau du DPP a référé le dossier au poste de police de Pope Henessy où Rajah Madhewoo s’est rendu hier. Dans sa déclaration, il dit avoir observé, alors qu’il pratiquait la réanimation cardiaque sur le chauffeur de l’autobus de la CNT, Deepchand Gunness, que les deux pieds de ce dernier étaient bandés, d’où sa remise en question de l’habilité à conduire de l’employé de la CNT, vu son état de santé ce jour-là.
Pour le psychologue, la taille des panneaux de vitres du bus de la Blueline s’est révélée un élément « préjudiciable » durant l’accident. Ces vitres sont sorties de leurs cadres et de ce fait des personnes ont été projetées à l’extérieur de l’autobus. Selon ses conclusions, cinq passagers ont trouvé la mort à l’extérieur du véhicule et quatre à l’intérieur.
L’autobus de la CNT, poursuit le psychologue, n’était pas, a priori, équipé d’une First Aid Box. « J’ai dû déchirer les vêtements des passagers pour en faire des bandages et j’ai même dû utiliser les ceintures. J’ai dû aussi m’occuper des blessés sans des gants ce qui est un grand facteur de risques. S’il y avait une First Aid Box, j’aurai pu utiliser des gants », fait remarquer le Dr Rajah Madhewoo, qui compte des années de pratique dans les services de santé à l’étranger et qui est également formateur en Social Care et First Aid au sein de la St John’s Caterham Brigade en Angleterre. Toujours selon les dires du Dr Madhewoo, les ambulances sont venues sur les lieux de l’accident avec du retard et n’étaient pas équipées du matériel nécessaire comme un défibrillateur et autres machines aidant à sauver des vies, mais seulement pour transporter les blessés à l’hôpital. Un des véhicules, selon lui, avait un chauffeur et pas d’accompagnateur.
Le Dr Rajah Madhewoo estime que tous les autobus circulant sur nos routes devraient être équipés d’une First Aid Box adéquate et que les compagnies d’autobus doivent s’assurer que les chauffeurs passent des examens de santé réguliers. Les ambulances, dit-il, devraient aussi être équipées afin d’être prêtes à intervenir sur tous types de blessures et dans n’importe quelle éventualité.