Depuis les inondations du 30 mars et l’accident de Sorèze le 3 mai, la population est en état de choc. Qu’il s’agisse des inondations meurtrières ou de l’accident cauchemardesque, des faits et informations accablants démontrent, dans les deux cas, « l’incompétence et l’irresponsabilité du ministre des Infrastructures publiques, du vice-PM Anil Baichoo et du gouvernement », dit Pravind Jugnauth.  « Eski kapav pardonne enn minis ki coz menti dans l’Assemblée nationale? », demande-t-il, soulignant que pour les inondations comme pour l’accident, il y a eu « négligence » et « tentative de cover-up. »
Le leader du MSM a consacré plus de trente minutes de sa conférence de presse, hier, au Sun Trust, à démontrer « la négligence criminelle du gouvernement PTr. » Pravind Jugnauth estime qu’il y a, comme pour l’enquête relative aux inondations du 30 mars, « des tentatives de cover-up. » Il revient sur la réponse du ministre des Infrastructures publiques à la PNQ d’Alan Ganoo, mardi au Parlement, selon laquelle il n’y avait aucune plainte contre les autobus Blueline. Le rapport qu’il a lui-même déposé à l’Assemblée Nationale – démontrant qu’une enquête préliminaire soutient que le chauffeur a déposé deux plaintes, l’une le 25 avril, pour déplorer la perdition d’air dans le système de freinage, et l’autre, le 2 mai, pour alerter d’un problème sérieux – est une preuve qu’Anil Baichoo a menti au Parlement. « Ce qui est choquant, c’est qu’en dépit de toutes ces preuves, zot enkor pe rod kasiet », dit-il. Et de déplorer « la manipulation infecte de la MBC qui a tronçonné les interventions à l’Assemblée Nationale. » Selon Pravind Jugnauth, « si mo pa ti revel sa bann linformations-là, le mensonge ti pou primé. » S’attardant sur le dossier des autobus Blueline, il révèle que, selon les premiers constats des ingénieurs de la CNT, « le système qui devait bloquer les roues, en cas d’une défaillance des freins sur l’autobus Blueline, ne fonctionnait pas. » Il ajoute que les ingénieurs ont également indiqué que ce système était déconnecté. Et pire, fait ressortir Pravind Jugnauth, « ces ingénieurs ont révélé que c’est le cas pour certains autres bus actuellement sur nos routes. » Et de rappeler que ce point de défaillance a été confirmé par le PM Navin Ramgoolam, le jour de l’accident, lorsqu’il a dit que les ingénieurs ont trouvé douteux que quatre roues du bus tournaient toujours après l’accident.
Le leader du MSM rappelle que l’importation des bus Blueline en 2007 avait fait l’objet d’un désaccord entre la CNT et le gouvernement, mais que le gouvernement a insisté pour l’achat de ces autobus. En 2008 également, la CNT a réclamé qu’une centaine d’autobus Blueline soit enlevée de la circulation. « Le Premier ministre est en présence de toutes ces informations », soutient Pravind Jugnauth, ajoutant que malgré tout, en 2012, le gouvernement a, une fois de plus, insisté pour un nouvel achat des autobus Blueline. Achat qui n’a heureusement pas abouti, dit-il, indiquant par-là même qu’il y a eu plusieurs questions parlementaires relatives à ces autobus pour lesquels la CNT a attiré plusieurs fois l’attention pour déplorer de nombreux problèmes, dont l’usure rapide et dangereuse des roues, la consommation excessive de diesel, etc. L’attitude du ministre des Infrastructures publiques est révoltante, estime Pravind Jugnauth, en citant les propos d’Anil Baichoo qui, refusant de démissionner, a déclaré « pa mwa ki ti pe condir bis-là. » Le MSM déplore, de même, l’indifférence du PM qui est passé sur les lieux de l’accident sans s’arrêter. « Li ti kapav, couma Xavier Duval dir, « montrer figir. » Li ti bizin desann ne serait-ce que pour une minute pour s’assurer que les autorités sur les lieux ti pe réagir couma bizin, mé linn préfer ignor sa et roule droite », dit Pravind Jugnauth. Selon lui, le gouvernement a tenté de mettre les torts sur le chauffeur de l’autobus. Et de soutenir que la jobcard et le livre des entrées à la CNT ont disparu.
« Me zot manigance, zot cover-up pa pou marsé », dit-il, ajoutant que les interrogations sont nombreuses sur cet accident qui aurait pu être évité. Et de faire ressortir qu’il n’est pas normal que les ingénieurs de la Mechanical Ingineer Division du MPI, responsables d’effectuer des checks réguliers des autobus de la CNT, soient les mêmes à vérifier les autobus pour le certificat de fitness et toujours les mêmes à faire partie de l’enquête initiée. En ce qu’il s’agit des experts indiens dépêchés pour enquêter, le MSM s’interroge sur leur véritable indépendance et s’il y aurait conflits d’intérêts. Il rappelle qu’un comité sur le Road Safety, présidé par le PM, suivant l’accident d’un autobus de la CNT, avait été mis sur pied en 2009 en vue de définir les stragégies pour la sécurité routière. « Kot stragézi zordi? », demande Pravind Jaugnauth. « Stragétzi zéro! », dit-il, ajoutant que « comme toujours, comme ce fut le cas pour le rapport Domah qui a dormi dans les tiroirs, avec sa PM la, cé bla bla bla, bla bla bla… » Il met le ministre des Infrastructures publiques au défi de démontrer que, comme le recommandent les normes pour toute nouvelle route, qu’un safety audit a été effectué pour la route à Sorèze.
Concernant l’affaire MITD, le MSM condamne l’arrestation de la psychologue Pascale Bodet. Pravind Jugnauth estime que « le gouvernement, le PM et le ministre de l’Education… pe blanchi tou seki noir. » Il fait ressortir que la mineure impliquée dans cette affaire a donné son témoignagne à la psychologue en présence de sa mère qui a donné son aval. La fille de 14 ans a également fait des confidences à son enseignant, Mme Sudha Singh, rappelle le leader du MSM, ajoutant que l’adolescente a indiqué dans ses témoignages qu’elle avait peur. « Tout le monde doit avoir peur aujourd’hui car ce sont ceux qui dénoncent la vérité qui payent les pots cassés », dit P. Jugnauth. Et de soutenir que « tous ceux qui sont complices de Navin Ramgoolam et de son gouvernement devront rendre des comptes et payer. » « Pa kapav agir couma agent Gestapo pou touff la vérité. Pa kapav continié persecute dimoun », dit-il, ajoutant que « mwa mo pou continé dénoncé. » Et de se dire encore plus motivé pour dénoncer la vérité: « Arriv seki arriv, la vérité pou bizin triompher. »
Permis à points: « Pe mett sarett divan bef »
Dans un 3e volet de sa conférence de presse, le leader du MSM a abordé l’entrée en vigueur du permis à points. Selon lui, « pe mette sarett divan bef. » Il fait ressortir que, si nécessaire, et que si provision avait été faite depuis 2003 par l’ancien régime pour le permis à points, il est évident qu’aujourd’hui encore, le pays n’est pas prêt à cela. Il souligne que l’état des infrastructures routières laisse à désirer et que le système de signalisation n’est pas encore prêt. « Mais Baichoo, dans son empressement et son manque de dialogue avec les stakeholders, n’a pas tenu compte de tout cela avant l’implémentation du permis à points », dit-il.