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La tendance à la baisse de la mortalité amorcée l’an dernier sur les routes ne s’est pas poursuivie en 2019 malgré les énormes efforts des autorités pour capitaliser sur la prise de conscience des automobilistes mauriciens. Il y a eu même un mort de plus qu’en 2018, bien que le nombre d’accidents mortels ait reculé dans une conjoncture où le nombre total d’accidents est en hausse. Il est à noter qu’il n’y a qu’une seule conductrice qui a trouvé la mort en 2019. Week-End propose un tour d’horizon de la situation.

Si la baisse des accidents mortels enregistrés en 2018 — qui avait comptabilisé 20 de moins qu’en 2017 (132 contre 152) — s’est poursuivie en 2019 avec 130 accidents fatals (-1% ), par contre, le nombre de tués a repris une légère tendance à la hausse avec un tué de plus pour totaliser 144 morts au 31 décembre, le même chiffre qu’en 2016. Certes, on est loin des 168 morts de 2008, des 156 de 2012 et des 157 de 2017, mais les autorités s’attendaient à la poursuite de la baisse, avec comme objectif à moyen terme de descendre au niveau des 136 de 2013 et 2005, voire les 134 morts de 2006.

Les blessés graves en hausse de 2005 à 2018

Cependant, le plus inquiétant pour l’heure est la croissance continue des accidents de la route sur les dix dernières années, avec une hausse de 51%. Ainsi, de 2009 à 2018, elle est passée de 19 571 à plus de 29 000, dont le record de 2017, où les collisions ont cumulé à 29 627. Certes, il y a plus de véhicules et de conducteurs sur nos routes aujourd’hui, mais les autorités sont bien conscientes que le respect du code de la route est un combat de tous les instants. En première ligne, la vitesse excessive est la plus meurtrière et le plus gros responsable des accidents fatals. Par ailleurs, si le nombre de morts augmente peu, par contre, le nombre de blessés explose, en particulier le nombre de blessés graves qui est passé de 295 à 487 entre 2005 et 2018, soit une progression spectaculaire de 65%.

Les jeunes de 16 à 25 ans plus épargnés

Les jeunes de 16 à 25 ans ont été les plus épargnés par les accidents mortels cette année avec 23% de recul par rapport à 2018. Ils sont tout de même 33 à avoir perdu la vie, contre 44 en 2018. Ils sont suivis des plus de 60 ans, qui ont eux aussi connu une baisse de 10% dans leur mortalité sur la route. Par contre, la plus forte progression de victimes de la route a été enregistrée dans la catégorie des moins de 15 ans avec 40%, passant de 5 à 7 victimes et des 51-59 ans avec près de 39% de croissance avec 7 morts supplémentaires en 2019. Les 26-50 ans ne sont pas en reste puisqu’ils progressent aussi de cinq morts supplémentaires avec une croissance de 11%.

Une seule conductrice victime

Parmi les accidentés de la route qui ont perdu la vie sur nos routes en 2019, ce sont les hommes qui dominent nettement la situation avec plus de 85% des victimes. La plupart d’entre eux (79%) sont soit des chauffeurs, des motocyclistes ou leurs passagers, alors que 21% sont des piétons. Chez les femmes, qui sont 19 à avoir perdu la vie cette année, la plupart sont des piétonnes (47%) ou des passagers de voitures ou motos (47%). Seule une conductrice a perdu la vie au volant.

Plus nombreux le jour, le jeudi et le dimanche

Si les accidents mortels ont toujours eu lieu plus entre midi et 18 h (+7%), en 2019, la plus forte progression des accidents a été enregistrée entre 6h du matin et midi (+27%). D’ailleurs, l’écart entre ces deux horaires se rétrécit puisque l’après-midi a comptabilisé seulement trois accidents cette année avec 41 occurrences mortelles contre 38 à la matinée. Pendant à la soirée et la nuit, les accidents sont en recul de 18% et 32% respectivement. Pour ce qui concerne les jours les plus propices aux accidents mortels, le jeudi et le dimanche (25 tués chacun) dominent les débats en 2019, alors que les automobilistes semblent être plus sages le mercredi avec neuf accidents fatals.

Les faits saillants

● Un tué de plus qu’en 2018 malgré deux accidents mortels de plus

● Croissance de plus de 51% des accidents sur les dix dernières années

● Progression spectaculaire de 65% des blessés graves entre 2005 à aujourd’hui

● Parmi les conducteurs autos et motos tués cette année, une seule femme était aux commandes