Avec les quatre nouvelles victimes d’accident de la route de ce matin à Bel-Etang, le bilan devient de plus en plus lourd, soit 79 morts depuis le début de l’année : dix-huit de plus à pareille époque l’année dernière. Parmi les quatre victimes de cette tragédie, se trouvent trois membres de la même famille : la mère Medgée Nicole Botte (46 ans), son compagnon, Michael Philippe (44 ans) et le jeune Dylan Botte (11 ans) habitant Pellegrin, Sébastopol. La quatrième victime, Cyril Madone, alias Dupion, âgé de 49 ans, habite Camp-Levieux. A la mi-journée, des examens étaient en cours à la morgue de Princess Margaret Orthopaedic Centre (PMOC) en vue de déterminer les causes des décès. Les conclusions de l’autopsie sont que les victimes ont succombé à des « shocks due to multiple injuries ».
Cinq autres passagers se trouvant dans la voiture réduite à un amas de ferraille, dont le chauffeur Jean-Noël Bègue (38 ans) habitant Bel-Air, Jordan Rabaye (57 ans), Jean Dario Colette (30 ans), Sharon Dupion, et l’enfant John Rabaye, âgé de trois ans, ont reçu des premiers soins à l’hôpital de Flacq. Seul le chauffeur Jean-Noël Bègue a été admis à l’hôpital en raison de ses blessures.
Le chauffeur du camion de la marque Toyota, immatriculé 3575 NV 93, un dénommé Bunjundingh Beeharry, âgé de 58 ans, a été placé en détention policière. Il a subi des tests prévus selon les procédures, dont un alcootest, et devait comparaître devant le tribunal de Flacq pour son inculpation provisoire du délit d’homicide involontaire. A ce matin, il n’avait pas encore consigné de déposition quant aux circonstances de l’accident survenu à 5 h30 ce matin. La police compte objecter à la remise en liberté provisoire du chauffeur de camion incriminé dans cet accident. Il a retenu les services de Me Vedakur Rampoortab.
Les recoupements d’informations qu’a effectués Le Mauricien sur les lieux de l’accident ou encore auprès des proches des victimes et des survivants de cet accident confirment que la voiture de la marque Toyota, immatriculée FD 38, de couleur blanche, était restée immobilisée du côté gauche de la route de Bel-Etang, reliant Camp-de-Masque à Sébastopol, soit le radiateur faisant face à Camp-de-Masque.
En effet, vers les 2 heures ce matin, la voiture, qui ramenait ces neuf personnes chez elles à Sébastopol d’une fête dans le village de Camp-de-Masque, est tombée en panne. Dans une tentative de relancer le moteur, le chauffeur avec l’aide d’autres passagers avait pris la décision de mettre la voiture dans le sens inverse en vue de profiter de la descente. Cette décision allait avoir des conséquences des plus dramatiques un peu plus de trois heures plus tard.
Malgré cette pente sur la route, les efforts en vue de redémarrer la voiture furent vains.  Tous les passagers devaient prendre sommeil dans la voiture, qui avait changé de direction, au moment de l’accident. Constatant l’état de la voiture, avec la partie arrière complètement méconnaissable et écrabouillée, il était évident que ceux des passagers occupant le siège arrière avaient de très faibles chances de sortir indemne ;
Du point d’impact initial et l’endroit où les deux véhicules ont été immobilisés, les experts de la police sur les lieux de l’accident ont relevé une distance de 40 mètres mais rares ont été les traces de freinage du camion sur ce tronçon de route. L’interrogatoire du chauffeur Bunjunsingh Beeharry devra permettre aux enquêteurs de la police de comprendre comment ce dernier n’a pas vu cette voiture de couleur blanche sur cette route ou encore à quelle vitesse il roulait ce matin.
Le camion immatriculé 3575 NV 93 était en route pour assurer le transport des travailleurs aux champs. Dans le caisson équipé de bancs, se trouvaient des pioches et des équipements agricoles. La situation aurait pu être plus dramatique si des passagers avaient été déjà embarqués. Le chauffeur était seul à bord de son véhicule.
L’alerte de cet accident de la route fut donnée par un employé des champs, dont l’attention fut attirée par les bruits des impacts et des crissements de pneus sur la route. Dans un premier temps, les blessés furent évacués d’urgence sur l’hôpital de Flacq. Des sapeurs-pompiers de l’Est furent mandés sur les lieux pour collaborer avec les policiers et désincarcérer les victimes, dont une femme, un homme et un enfant, tués sur le coup.
A Sébastopol, où habitaient trois des quatre victimes, l’on arrivait difficilement à comprendre ce qui a pu se produire sur la route de Bel-Etang. L’une des deux filles de Nicole Botte, Jessica Botte, âgée de 27 ans, qui habite Olivia, un autre village de l’Est, se rendait à son travail quand elle avait été informée d’un « grave problème ». Elle ne prendra la mesure du drame qu’en arrivant au domicile de sa mère à Pellegrin, Sebastopol.
Inconsolable devant ce drame qui s’est abattu sur sa famille, Jessica Botte avouera qu’outre sa mère, le compagnon de celle-ci et son petit frère, Dylan, qui était en CPE à l’école d’Olivia, elle ne connaît que Sharon Dupion, une amie de sa mère. « Bann lezot dimounn-la, mo pa konn ditou », devait-elle faire comprendre au Mauricien alors que les préparatifs pour les funérailles de trois des quatre victimes avaient été initiés.
D’autre part, d’autres sources avancent que Jean-Noël Bergue, qui est toujours en observation à l’hôpital, aurait emprunté, hier soir, la voiture immatriculée  FD 38 d’un de ses proches parents habitant Bel-Air. « Mo ti pe dormi yer swar. Li ine dir mwa pret li loto pou li all rod so portab. Mo ine donne li lakle ek mo ine kontinye dormi », devait-il faire comprendre au Mauricien.
Ce n’est que ce matin que le propriétaire de la voiture se rendra compte du problème. « Mo ine téléfon Jean-Noël lor so portab. So madam ine répon mwa ek dir mwa Jean-Noël pa la », ajoute-t-il en confirmant que l’état de la voiture représente une Total Loss…