L’Organisation non-gouvernementale TIPA consolide sa présence auprès des enfants vulnérables avec un nouveau programme 2016-2020. Présente dans six écoles, elle travaille sur une pédagogie interactive et utilise l’art pour aider les enfants à développer leurs talents et des valeurs citoyennes. TIPA collabore également avec le ministère de l’Éducation dans l’élaboration et la mise en oeuvre du Programme ZEP II. Pour la ministre de l’Éducation, Leela Devi Dookun-Luchoomun, l’action de TIPA cadre avec la réforme qu’elle veut apporter.
Terrain for Interactive Pedagogy through Art (TIPA) est une pédagogie élaborée pour l’apprentissage à travers l’art, avec le soutien du Dr Émilie Carosin, chercheuse en psychologie et éducation, en 2007. Depuis, TIPA a grandi, passant du projet pilote à l’école de Rivière-Noire, à une présence dans six écoles ZEP. En 2015, il est estimé que le projet a touché 1 700 enfants, 600 enseignants ont aussi été formés, tandis qu’entre 100 et 200 volontaires ont apporté leur contribution.
La particularité du projet est l’implication de la communauté de la région où il est mis en place. Parents et autres acteurs du quartier sont aussi impliqués. Un club des parents existe dans chaque école où le projet est implémenté. Parallèlement, le projet fonctionne grâce à la collaboration du ministère de l’Éducation et du financement du secteur privé.
Le programme 2016-2020, explique Angélique de la Hogue, manager de TIPA, mettra davantage l’accent sur les acteurs et non sur le projet, « afin de s’assurer de ne pas passer à côté de leurs besoins. » Ce nouveau programme est d’ailleurs intitulé « Building Participatory Communities. »
Des partenariats avec le MIE, la ZEP Unit, l’ECCEA, entre autres, ont été mis en place pour mener à bien ce projet. « Chaque enfant doit pouvoir développer son potentiel et contribuer au développement du pays. » Elle insiste également sur la capacité de l’art « à développer des valeurs citoyennes. »
Pour encourager la participation des élèves, un système de récompense est aussi mis en place. « On attribue des étoiles qui leur servent de motivation. »
La mise en place d’un tel projet nécessite un investissement de Rs 7 millions par an. L’Union européenne, à travers le programme DCP, y apporte sa contribution. Pour Marjaana Sall, ambassadrice de l’UE, cette collaboration représente une « contribution à rendre les citoyens plus responsables et créatifs. » Elle a aussi rappelé que l’éducation est le meilleur moyen de combattre l’exclusion et l’inégalité. De même, elle a souligné l’importance de renforcer les capacités des communautés locales.
La ministre de l’Éducation, Leela Devi Dookun-Luchoomun, a dit son appréciation pour le travail entrepris par TIPA. « Pour ceux qui ne le savent pas, TIPA est sur le comité qui réfléchit sur un Continuous Professional Development Programme pour les enseignants des écoles ZEP et un Parents’ Support Programme pour les parents d’élèves dans les écoles ZEP regroupés dans des Clubs des Parents », a-t-elle précisé.
Leela Devi Dookun-Luchoomun a aussi souligné le rôle de l’ONG dans le partenariat avec le MIE en vue de développer des outils pédagogiques. « On le reconnaît volontiers aujourd’hui, les enfants ont chacun leur propre rythme d’apprentissage et de travail. Il s’agit donc pour les enseignants de trouver la bonne formule, les pédagogies appropriées qui puissent faire la différence pour chaque enfant dans nos écoles. »
Dans la foulée, la ministre a rappelé qu’elle va de l’avant avec un projet de réforme qui vise le développement intégral et holistique de l’enfant. « L’école que je projette pour tous les enfants mauriciens est un lieu où ils pourront non seulement recevoir des connaissances académiques, mais également un terrain propice appelé à favoriser le sport et les activités artistiques et également apte à développer des compétences citoyennes, comme le respect et la participation à la vie collective, comme le prône TIPA. »