Maurice est représentée à une nouvelle réunion du forum tripartite (SADC/COMESA/EAC) de négociations commerciales en vue de la conclusion d’un accord de libre échange. Le Trade Negociating Forum (TNF) se réunit en ce début de semaine à Livingstone, en Zambie, en vue d’accélérer les discussions autour des modalités d’un tel accord. Les négociations, selon les milieux concernés, doivent être complétées en 2014 mais elles accusent déjà un retard conséquent.
La délégation mauricienne à la réunion de Livingstone est dirigée par Anand Neewoor, secrétaire aux Affaires étrangères, et comprend Assad Bhuglah, directeur du Trade Policy au ministère des Affaires étrangères et du Commerce international, Rooma Nairrainen-Pillay de la Mauritius Chamber of Commerce and Industry (MCCI),
Jean Claude de l’Estrac et Raj Mahabeer du secrétariat de la Commission de l’océan Indien (COI). C’est la première fois que le secrétariat de la COI est invité au forum tripartite en tant qu’observateur. Le forum, qui s’ouvre aujourd’hui, doit permettre aux hauts officiels de préparer la prochaine rencontre des ministres du Commerce des trois blocs régionaux prévue pour avril 2013, qui, elle-même, va servir de préparatif avant la tenue du prochain sommet tripartite des chefs d’État et de gouvernement dans le courant du second semestre 2013 en Égypte.
La décision d’établir une zone de libre échange unique et plus grande par les trois blocs économiques régionaux repose sur l’objectif commun de réaliser une croissance économique plus rapide, plus forte et plus inclusive. La SADC, le COMESA et l’EAC souhaitent réaliser une intégration régionale profonde en réglant le problème d’appartenance à plusieurs blocs régionaux à la fois. Tenant compte de l’étendue des secteurs ou domaines qui seraient couverts par l’accord de libre échange envisagé, il est estimé que le nouveau régime qui serait éventuellement mis en place représenterait une nette amélioration par rapport à ce qui est en cours au niveau de chacun des trois blocs économiques. L’accord tripartite devrait rationaliser les règles d’origine en vue de faciliter les échanges commerciaux mais aussi soutenir le développement industriel, en particulier dans les économies les moins développées. On estime également que l’accord permettrait de mettre en place des mécanismes de résolution des litiges commerciaux et d’enlever les barrières non-tarifaires. Des normes améliorées pour les produits et services ainsi que la coopération douanière sont aussi visées.
Il est prévu que l’accord de libre échange tripartite crée un grand marché d’environ 600 millions de consommateurs avec un produit intérieur brut total de plus de 1 200 milliards de dollars américains. La création d’un marché élargi, soulignent les spécialistes du commerce régional, devrait contribuer à l’accroissement des échanges intrarégionaux. La Commission économique pour l’Afrique pense que le commerce tripartite pourrait augmenter d’environ 24 milliards de dollars dans le sillage de l’abolition totale des tarifs douaniers.
Il faut se rappeler que les négociations pour l’établissement d’un Tripartite FTA ont été lancées en juin 2011 à Johannesbourg. Sur les 26 pays concernés, 23 ont signé la déclaration de lancement des négociations. les trois pays restants, à savoir, l’Éthiopie, l’Érithrée et Madagascar, ont indiqué qu’ils vont signer bientôt la déclaration en question. Les chefs d’État et de gouvernement des pays participants ont ensuite adopté une feuille de route pour les négociations et les principes qui doivent guider les négociateurs. La feuille de route prévoit des négociations en deux phases, la première concernant l’échange de marchandises et la seconde, le commerce des services. La première phase doit être complétée l’année prochaine.