Les faits méritent d’être relatés. Tout commence le mercredi 12.12.2012.  Un journaliste appelle des syndicalistes et leur demande de commenter les amendements aux lois du travail qui arrivent au Parlement avec un certificat d’urgence le mardi 18. Ces amendements auraient pu être présentés en deuxième et troisième lecture, et être votés en toute hâte.
La machinerie de l’unité et de la solidarité se met en branle. En cinq jours, une formidable équipe sous la bannière de la Platform Kont La Loi Travay Anti-Travay multiplie les réunions, produit un document, rencontre le leader de l’Opposition, organise un forum-débat, tient une manifestation devant le Parlement et parvient à solliciter une réaction du ministre du Travail pour une rencontre.  Finalement, les amendements en question ne font pas l’objet d’un vote.  Le ministre accepte d’écouter le propos des syndicalistes et tout est renvoyé pour l’année prochaine.  Le ministre peut aller en vacances l’esprit tranquille.
C’est un round de gagné, mais nous, syndicalistes, nous n’avons pas encore remporté la bataille. Ce n’est que partie remise. La lutte pour la protection des droits des travailleurs doit continuer de plus belle.  
Si nous voulons vraiment protéger les droits des travailleurs, le but fondamental d’un syndicat, il nous faut d’abord être en présence de cette unité tant souhaitée que ce soit du côté des journalistes, de l’opposition ou du champ du gouvernement, et surtout des travailleurs.  La classe syndicale doit s’unir.  Nous avons des hommes et des femmes de qualité dans le mouvement syndical qui inspirent confiance mais nous n’arrivons pas à créer cette unité.  Ce qui a été formidable durant ces cinq jours, c’est d’avoir pu réunir autour d’une même plateforme, qui existe depuis mai 2012, des gens tels que Jack Bizlall, Atma Shanto, Venoo Ramasamy, Rehana Ameer, Rashid Imrith, Deepak Benydin, Reeaz Chuttoo, Jane Ragoo, que le public apprécie pour leur courage et leur travail dans le monde syndical.  La plateforme est ouverte à tout ceux et celles qui veulent vraiment oeuvrer dans l’intérêt des travailleurs de ce pays.  Alors, ne soyons pas égoistes, écoutons ce que les gens disent autour de nous.  Les gens, meilleurs juges, nous demandent de TOUS nous unir. Cette bataille, nous la gagnerons dans l’unité et la solidarité.
Nous avons réalisé une petite victoire : avoir réussi le coup de maître de faire reculer le vote sur ces deux amendements mais la lutte sera dure l’année prochaine.  Seules l’unité et la solidarité pourront nous sauver.  Nous devons nous unir pour écrire notre loi du travail ; nous devons produire un document qui protège les travailleurs et non les patrons.  Une loi du travail est censée n’aller que dans ce sens.  Tant que nous serons divisés, nous perdrons tous les acquis qu’ont obtenus nos grands-parents après une longue lutte ; notre devoir à nous consiste à reussir à les protéger et à militer pour des droits accrus, à lutter pour éliminer les discriminations, à lutter pour protéger ceux qui sont de plus en plus des contractuels, à lutter pour que les multinationales, qu’elles soient issues du pays ou de l’étranger, puissent signer des accords collectifs dignes de ce nom et surtout les respecter.  Notre devoir s’inscrit dans cette dynamique-là et il n’en est pas autrement. En sommes-nous capables ?
Nous devons faire bloc pour que le gouvernement et le ministre du Travail en particulier, comprennent que « Tripartite » signifie trois parties : Patronat – Gouvernement – Syndicats.  Il n’est donc pas question de voter, entre autres, pour qu’un groupe de travailleurs soit « empowered » de par la loi en vue de signer des accords collectifs avec le patronat.  Seul un syndicat peut signer des accords collectifs.