Les pluies diluviennes de mercredi ont contraint 43 familles de Bambous à abandonner leur domicile pour se réfugier au centre social de la localité. Et, dans l’après-midi d’hier, en regagnant leur maison pour commencer à nettoyer, elles ont constaté amèrement que la boue a tout dévasté sur son passage. Le Mauricien a rencontré les habitants de l’avenue Folerb à Bambous. Pour ces derniers, les dégâts découlent des travaux effectués par Sarako dans le cadre de la construction d’une ferme photovoltaïque, située dans les parages, et dont le promoteur n’est autre que des membres de la famille Seetaram…
« Hier (ndlr : mercredi), quand il a commencé à pleuvoir, nous ne nous attendions pas à autant de dégâts. Mais, en très peu de temps, une eau boueuse a envahi notre maison, charriant également des rochers. Nous avons alors tenté de sauver nos effets. Mais, nous nous sommes très vite rendus à l’évidence que c’était peine perdu et que nous n’avions d’autre choix que d’évacuer les lieux. Nous sommes alors partis nous réfugier au centre social de la localité », explique Dorine, une mère de quatre enfants.
Quand Le Mauricien est arrivé au centre social de Bambous, des enfants dormaient à même le sol, tandis que les femmes tentaient, avec une responsable de National Empowerment Foundation, de trouver une solution. « Depuis hier (ndlr : mercredi), nous apportons un soutien à ces familles en leur donnant de quoi se nourrir. Ce matin, General Construction leur a apporté du pain et des biscuits. Mais ce sera compliqué sur le long terme. Il faut trouver une solution. Les policiers sont passés ce matin. Ils ont également visité les maisons sinistrées puis sont repartis. Toutefois, nous n’avons pas eu d’écho à propos d’une aide », nous explique-elle.
Dorine nous conduit ensuite à son domicile pour constater les dégâts. Arrivés dans l’allée, ce qui frappe c’est la gigantesque ferme photovoltaïque dont les travaux ne sont pas achevés. « Nous habitons ici depuis plus de dix ans et n’avons jamais eu ce genre de problèmes. Les travaux de cette ferme photovoltaïque, qui ont débuté il y a plus d’un mois, ont endommagé les drains et lors des averses de mercredi, l’eau a envahi nos maisons. De plus, les fouilles ont rendu le sol instable et des rochers sont tombés sur les maisons mercredi », explique Dorine. Nous avons tenté de contacter les responsables de la compagnie Sarako au sujet des travaux mais personne n’a daigné répondre à nos questions à ce jour.