La magistrate Adila Hamuth, siégeant en Cour correctionnelle de Port-Louis, a rayé une charge d’abus verbal à l’encontre de la police portée contre un moniteur d’auto-école. Selon les conclusions de la magistrate, le constable a pu consigner de fausses déclarations contre l’accusé car ce dernier avait porté plainte contre lui pour n’avoir pas respecté les procédures lors des examens pour le permis de conduire à la Traffic Branch.
Le moniteur d’auto-école, qui compte plus d’une quarantaine d’années dans la profession, s’était rendu à la Traffic Branch aux Line Barracks le 25 février 2013 pour accompagner un de ses élèves qui devait passer son permis de conduire. Selon la version d’un policier qui s’occupe des procédures lors des examens du permis de conduire, le moniteur aurait déboulé dans la salle d’attente et aurait commencé à l’agresser verbalement tout en haussant la voix. Le constable avait ainsi déposé plainte contre le moniteur d’auto-école à cet effet. De son côté, le moniteur a nié les accusations portées contre lui, soutenant que le constable avait consigné de fausses allégations à son encontre car il avait auparavant porté plainte contre le même constable, qui n’avait pas fait passer son élève lorsque son tour était arrivé. L’accusé relate en avoir parlé au constable, mais que ce dernier lui avait demandé de quitter la salle d’attente pour lui « laisser faire son boulot ». Ce n’est qu’après que l’accusé ait porté plainte contre les agissements du constable que ce dernier a consigné à son tour une déposition.
Dans l’énoncé de son jugement, la magistrate Adila Hamuth a statué que la version du moniteur d’auto-école n’a pas été remise en cause en cour et qu’il n’avait donc aucun motif apparent pour agresser verbalement le plaignant. De plus, la magistrate a noté que le témoin qui est venu corroborer la version du policier travaillait sous les ordres de ce dernier, ce qui impliquait que son collègue avait toutes les raisons de confirmer sa version. Prenant en considération toutes les preuves présentées en cour, la magistrate a donc décidé de rayer la charge portée contre le moniteur d’auto-école.