Sanjeev Ramessur, poursuivi pour le meurtre de sa compagne, Veenoo Naiko, en février 2012, a comparu aux Assises hier. Alors que le “ruling” sur sa motion pour sa remise en liberté conditionnelle était prévu hier, il devra attendre encore une semaine pour savoir s’il sera libéré sous caution ou non. Le juge Benjamin Marie Joseph se prononcera en effet mercredi prochain, soit le 30 juillet. Rappelons que lors des débats, Me Valayden a soutenu que Sanjeev Ramessur n’avait jamais fait de tentative de suicide durant ses deux ans de détention alors que l’accusé devait également nier avoir fait une telle confession à la police. Or, c’était l’un des principaux points d’objection de la police à sa liberté conditionnelle.
Le 24 juin dernier, Me Raj Baungally, représentant du Parquet, avait objecté à la motion de la défense. Pour soutenir ses arguments, un des enquêteurs ayant procédé à l’arrestation de Sanjeev Ramessur, M. Vencatachellum, était venu témoigner en Cour. Il avait évoqué quatre points d’objection pour la remise en liberté conditionnelle de l’accusé. La police appréhende d’abord qu’il ne comparaisse pas en Cour une fois en liberté car une charge de meurtre pèse sur lui. De plus, on craint qu’il ait accès aux témoins dans cette affaire. La police dit aussi vouloir le détenir pour sa « propre sécurité ». Enfin, dernier point, qui avait suscité un long débat : le fait que la police craint que le détenu fasse une tentative de suicide une fois en liberté. Selon l’inspecteur Vencatachellum, lors de son arrestation, Sanjeev Ramessur aurait en effet dit à la police qu’il comptait se suicider.
Me Rama Valayden avait rétorqué que Sanjeev Ramessur est en détention depuis février 2012 et qu’il n’a fait aucune tentative de suicide, et ce alors qu’il n’était pas sous surveillance spéciale. L’avocat avait soutenu que cette appréhension de la police est « infondée » car son client n’avait jamais donné de signe qu’il voulait mettre fin à ses jours. L’accusé devait également déclarer n’avoir jamais fait de telles confessions à la police et qu’il avait une famille et des enfants.
Pour ce qui est des autres points avancés par la police, Me Valayden a affirmé que Sanjeev Ramessur a déjà eu affaire à la justice dans le passé pour des cas d’agressions et de vols, et qu’il était toujours présent en Cour. Me Rama Valayden a ainsi expliqué que cela fait plus de deux ans que son client est en détention, et qu’il atteindra bientôt le seuil de 30 mois évoqué dans la Constitution. L’homme de loi a fait allusion à plusieurs autres procès de meurtre où les accusés ont obtenu la liberté conditionnelle.
Le taximan Sanjeev Ramessur, plus connu sous le sobriquet de “34”, a été arrêté le 25 février 2012 et a avoué le meurtre de sa compagne. Il avait confié aux hommes de l’Assistant-surintendant de police Daniel Monvoisin avoir commis son crime car étant persuadé que sa concubine lui était infidèle. La Western Division de la CID n’avait pas eu grand mal à appréhender le suspect, qui avait subitement disparu de la circulation avant même la découverte du corps de Sunita Naiko. Après un interrogatoire serré, le taximan est passé aux aveux, expliquant avoir agi par « jalousie ». Après son arrestation, Suraj Ramessur a été provisoirement inculpé de l’assassinat de Sunita Naiko. Il est toujours en détention. Veenoo Naiko avait été retrouvée nue sous une couverture à son domicile, Route-Bassin, à Quatre-Bornes. Elle avait alors la tête dans une cuvette d’eau et une serviette nouée autour du cou. L’examen post-mortem, effectué par le Principal Police Medical Officer le Dr Maxwell Monvoisin, avait révélé que Sunita avait été victime d’une strangulation.