Navine Kamiah, accusé provisoirement de meurtre, a émis une demande de liberté conditionnelle en attendant son procès. La magistrate Diya Beesoondoyal, qui a présidé cette affaire, a conclu que cette demande comportait trop de risques, notamment que l’accusé interfère avec les témoins et manipule les preuves ou encore tente de quitter le pays.
Le prévenu avait demandé la liberté conditionnelle devant la Bail and Remand court. Le demandeur a promis qu’il respectera toutes les conditions qui lui seront imposées, qu’il vivra chez son neveu et qu’il ne contactera pas les témoins dans cette affaire. Dans sa déclaration à la police, il a admis avoir agressé le défunt, mais nie avoir donné le coup fatal qui aurait causé sa mort. Il a plaidé la légitime défense.
La police a, quant à elle, objecté à sa remise en liberté sous caution en se basant sur trois points majeurs, notamment que l’accusé pourrait interférer avec les témoins, manipuler les preuves ou tenter de quitter le pays.
Concernant le risque d’interférer avec des témoins, la magistrate a noté que le domicile du frère et du père du défunt, témoins dans cette affaire, se trouve à quelques mètres de celle du demandeur. Elle a aussi souligné que le demandeur pourrait contacter son frère, également accusé de meurtre dans cette affaire et ayant obtenu la liberté conditionnelle. Les risques de manipuler les preuves sont aussi réels car la magistrate a appris d’un des enquêteurs que le tuyau métallique utilisé pour l’agression de la victime n’avait pas été retrouvé et que le demandeur pourrait chercher cette pièce à conviction et obstrué le cours de la justice. Par ailleurs, l’enquêteur a indiqué que le demandeur encourt une lourde peine de prison compte tenu de la gravité du délit, et qu’il pourrait penser à quitter le pays.
Dans son jugement, la magistrate a rappelé que l’intention d’accorder ou non la liberté conditionnelle selon les dispositions de la loi réside dans la recherche d’un équilibre entre les intérêts du demandeur et celle du citoyen. La magistrate a ainsi trouvé qu’une remise en liberté conditionnelle ne serait pas appropriée pour le bien de la société. Navine Kamiah restera en détention en attendant son procès.
Les faits se sont produits le 7 décembre 2014, à L’Agrément, St-Pierre. Selon un des policiers en charge de l’enquête, le drame serait survenu suite à une querelle entre deux frères. L’accusé, qui les avait aperçus en train de se bagarrer, avait décidé d’intervenir pour les calmer, mais les choses ont empiré. L’accusé, agressé à son tour par un des frères, décide d’aller chez lui se munir d’un sabre, qu’il utilisera pour assener un coup dans le dos d’un des frères. Les deux hommes ont continué leur bagarre qui s’est terminée dans la cour de l’accusé. Ce dernier s’est alors muni d’un tuyau métallique de son garage avec lequel il a frappé la victime au dos. Ce dernier a perdu connaissance. Transporté à l’hôpital Jeetoo pour des soins, il décède en route. Le rapport d’autopsie a attribué la cause du décès à un « stabbed wound of right eye with craniocerebral injuries ».