Le magistrat Daniel Dangeot, siégeant en cour de Bambous, a accordé le bénéfice du doute à Jean-François Abel, qui était poursuivi sous une charge de « rogue and vagabond ». Le magistrat a statué que les versions des policiers impliqués étaient incohérentes.
Jean-François Abel, comptable de profession, était accusé d’avoir insulté des policiers et d’avoir refusé de se calmer lorsqu’ordonné de le faire. Il se trouvait au poste de police de Camp-Diable, le 20 décembre 2013, après que sa femme l’a informé qu’un policier l’avait approché dans la rue pour lui dire qu’il devait se rendre au poste de police au sujet d’une plainte pour violation de l’Information and Communication Technologies Act (ICTA) qu’il avait consignée à l’encontre d’un proche. L’accusé avait tout d’abord téléphoné au poste de police de Camp-Diable pour dire au policier en question qu’il aurait pu s’entretenir directement avec lui, et non passer par sa femme. Mais selon lui, le policier qu’il avait eu au téléphone l’avait insulté.
Jean-Francois Abel avait alors décidé de se rendre au poste de police et, une fois sur place, il avait filmé la conversation qu’il a eue avec le policier qui l’avait insulté. Soutenant que l’officier l’avait menacé et abusé de ses pouvoirs, il avait produit l’enregistrement de la conversation en cour. Un policier témoin de l’altercation avait pour sa part déclaré que Jean-François Abel avait usé des mots inappropriés et ne voulait rien entendre lorsqu’invité à se calmer.
Dans son jugement, le magistrat Daniel Dangeot a relevé plusieurs incohérences dans les versions des policiers, qualifiant d’« incompréhensible » que l’accusé ait pu prendre la fuite vu sa forte corpulence et le fait qu’il y avait trois policiers présents. De plus, après avoir écouté l’enregistrement, le magistrat a statué que l’accusé n’avait pas proféré des insultes alors que le policier qui s’adressait à lui avait utilisé « un langage inapproprié ». De ce fait, le magistrat a accordé le bénéfice du doute à Jean-François Abel.