Noorezia Sohawon a été trouvée coupable en cour intermédiaire de s’être fait passer pour un agent de recrutement en 2007 et 2008 pour escroquer une somme de Rs 160 000 à deux familles. Les victimes l’avaient rencontrée à son domicile et à une agence de voyages. Elle leur assurait qu’elle pouvait faire des démarches pour qu’ils puissent obtenir un emploi à Dubaï, pour une somme de Rs 80 000.
L’accusée, poursuivie en Cour intermédiaire pour escroquerie, avait plaidé non coupable des charges portées contre elle. Selon la version d’un père de famille victime de l’escroquerie, l’accusée leur avait prouvé son authenticité en tant qu’agent recruteur en leur montrant sa licence, encadrée sur un mur à son domicile à Trou-aux-Biches. L’accusée avait informé la famille qu’elle faisait des démarches pour que le fils obtienne un emploi à Dubaï et que cela coûterait Rs 80 000. Ils lui avaient fait confiance. Cependant, le père devait déplorer le fait qu’aucune démarche n’avait été entreprise et qu’il n’avait jamais été remboursé. Une autre victime devait quant à elle déclarer qu’elle connaissait l’accusée de par ses proches. Ce père de famille s’était rendu à l’agence de voyages où travaillait l’accusée à Triolet, pour faire des démarches afin que son fils et sa belle-fille puissent se rendre à Dubaï pour un emploi. Cette fois aussi, une somme de Rs 80 000 avait été versée pour les services de cette agence de voyages. Toutefois, dans ce deuxième cas, l’accusée devait entrer en communication avec la victime quelques jours plus tard pour dire qu’on lui avait volé la somme d’argent et qu’ils ne pourraient pas quitter le pays.
Pour sa défense, Noorezia Sohawon avait soutenu que son application pour un permis de recrutement avait été approuvée en juin 2007 mais avait été rejetée suite à un litige. Elle avait ajouté qu’elle pensait pouvoir opérer avec sa licence de business and management consulting, sous le nom de Noorah Express, une agence de voyages à Dubaï, implantée à Triolet. Elle avait soutenu que concernant la première famille escroquée, elle avait arrêté les procédures parce que le fils était poursuivi en justice et ne pouvait voyager. Concernant la deuxième famille, Noorezia Sohawon avait admis avoir reçu la somme de Rs 80 000 et qu’elle avait fourni un reçu. Cependant, elle a dû arrêter les procédures cette fois encore, car la belle-fille ne pouvait faire de démarches pour un emploi à Dubaï vu qu’elle était encore mineure. Elle devait ajouter qu’elle ne connaissait pas la loi en vigueur à Maurice parce qu’elle était à l’étranger pendant plus de vingt ans.
Dans son jugement, la magistrate devait trouver en premier lieu qu’il n’y avait aucune évidence démontrant que l’accusée pouvait opérer comme agent recruteur avec sa licence de business and management consulting. De plus, la magistrate n’a pas été convaincue par la version de l’accusée concernant la fermeture de l’agence de voyages Noorah Express où elle opérait. L’accusée avait mentionné dans sa première déposition que l’agence de voyages avait fermé ses portes en février 2008 alors que dans sa deuxième déposition elle avait affirmé que l’agence avait fermé ses portes en novembre 2007. Par ailleurs, la magistrate a trouvé surprenant qu’une personne qui a passé beaucoup de temps à l’étranger et qui opérait à Dubaï, ne sût pas qu’il lui fallait une licence à Maurice pour recruter de potentiels employés. La magistrate a ainsi trouvé Noorezia Sohawon coupable des deux charges d’escroquerie portées contre elle.