Las de subir des actes d’intimidations en vue de leur faire taire, les deux Italiens ont décidé durant le week-end dernier de porter toute l’affaire devant les autorités. Et pour cause, entre 12 h 34, le vendredi 12 avril et 5 h 29 le samedi suivant, le fils Maurice Gino Colombo Han Mui a accusé réception de 28 messages de menaces sur son téléphone cellulaire et émanant de manière sans équivoque de Yajna Ghurburrun.
Dans leur déposition au poste de police de Trou-aux-Biches, les Italiens se sont appesantis sur le fait que ce n’est pas la première fois qu’ils faisaient l’objet de chantage de la part de la fille de l’ancien vice-président de la République. Quand celle-ci avait appris que les Italiens allaient revenir à Maurice à la fin de mars dernier pour entamer des procédures au pénal à son encontre, elle avait profité des échanges via Skype pour proférer des menaces en citant le nom du Premier ministre.
« I will phone the Prime Minister and you will be arrested when you arrived in Mauritius », avait soutenu Yajna Ghurburrun à l’encontre des Italiens lors de ces échanges. Elle ne voulait pas que les victimes déposent auprès du Central CID des documents compromettants, dont une reconnaissance de dettes de Rs 11,4 millions suite à une vente de terrain frauduleuse, qui remonte à 2012.
Yajna Ghurburrun se vantait de ses connexions politiques et de ses relations au sein de l’Etat pour tenter de faire peur aux Italiens tout en affirmant que malgré les démarches de ces derniers, elle ne serait nullement inquiétée par les autorités. « Je connais des hauts grades de la police. Nothing will happen to me. Every shit you want to do, nothing will happen to me. You come from a cheap family. My family is the most important family here. If you talk around I will call the Prime minister because you are destroying my reputation », devait-elle ajouter en faisant également état de ses liens avec la famille Gandhi en Inde.
Depuis l’arrivée de Maurice Gino Colombo Han Mui et son père Giulio Colombo à Maurice au cours de la dernière semaine de mars, Yajna Samidha Ghurburrun leur a rendu visite en une occasion dans une tentative d’arriver à un arrangement sans avoir à rechercher l’intervention de la police.
« Le jour même de notre arrivée, elle est venue chez nous. Au départ, elle a fait preuve d’amabilité en nous demandant si notre voyage s’est bien déroulé. Mais au moment où nous avons commencé à parler du remboursement de notre investissement de Rs 11,4 millions, elle a commencé à nous proférer des menaces », soulignent les deux Italiens. Finalement, il y a eu les 28 SMS de menaces en moins de 24 heures de la fin de la précédente semaine.
Convoquée au poste de police de Trou-aux-Biches, lundi dernier, pour interrogatoire au sujet de ces menaces au téléphone, Yajna Ghurburrun a été libérée sur parole. Elle avait pris l’engagement de se rendre en Cour de Pamplemousses mardi matin pour son inculpation provisoire pour le délit de Verbal Threats sous les dispositions de l’ICT Act. Mais elle a fait faux bond à la police en se faisant admettre à la City Clinic.
Yajna Ghurburrun a été placée en état d’arrestation à la clinique avec sentinelle à côté de son lit. Après sa comparution, mercredi, elle est embarquée par des limiers du Central CID pour son interrogatoire Under Warning dans le cas d’escroquerie de Rs 20 millions, dont le non-remboursement de Rs 11,4 millions aux Italiens avec une possibilité de détention policière. A peine la séance de Questioning entamée, mercredi après-midi, elle fait part d’un nouveau malaise.
La fille de l’ancien vice-président de la République a été d’abord examinée par le Police Medical Officer avant qu’elle ne soit admise de nouveau en clinique. Jeudi, elle est inculpée pour escroquerie et remise en liberté contre une caution de Rs 100 000 et une reconnaissance de dettes de Rs 200 000. L’interrogatoire a été reporté à demain.
Affaire à suivre…