L’achat de médicaments d’un montant de Rs 45 millions sur le marché local a été critiqué dans le rapport de l’Audit 2013. Le bureau de l’Audit constate que ces produits pharmaceutiques achetés localement coûtent plus cher à l’État, au point que l’un de ces médicaments a un prix… 72 fois plus élevé que celui payé par la Central Supplies Division du ministère de la Santé pour le même produit.
Neuf cents des achats de médicaments sur les 2 000 effectués localement ont été effectués par l’hôpital Victoria pour un montant de Rs 31 millions. Autre constat : les achats successifs d’un même médicament sur de courtes périodes au coût de Rs 100 000. L’Audit souligne que « le recours à cette pratique a pour but d’éviter le procédé de cotations », ce qui est contraire aux procédures. Selon l’Audit, l’achat de médicaments au niveau des hôpitaux régionaux sur le marché local ne permet pas au ministère de la Santé d’établir un plan précis d’achats annuels. Cette mauvaise pratique, souligne-t-il, conduit à la perception que « seulement certains fournisseurs sont favorisés ».
Les achats de médicaments et de vaccins ont coûté au total à l’État Rs 600 millions en 2013, dont un montant de Rs 45 millions pour les acquisitions sur le marché local. En outre, des médicaments chers et utilisés couramment ne sont pas contrôlés adéquatement à l’hôpital Victoria. En conséquence, le stock exact existant ne peut être vérifié. Le ministère de la Santé a en effet établi une liste de quelque 90 médicaments coûteux pour lesquels des « records » doivent être conservés à la Pharmacy Dispensing Unit. Au moment de l’audit, il y avait des rapports sur seulement 28 de ces 90 médicaments. En 2013, des produits tels que l’Actraphane, le Meropere en injection, le Cefotaxine et le Vaminolact ont été délivrés par la Dispensing Unit « sans aucune mention dans un registre ». Le ministère de la Santé s’acquitte en outre de loyers d’un montant de Rs 8,7 millions pour le stockage des produits pharmaceutiques. Or, certains locaux ne sont pas équipés de climatisation pour un stockage approprié. Le bâtiment de la Central Procurement Division à Coromandel coule quand il pleut et plusieurs cartons de médicaments ont été abîmés par l’eau de pluie.
Les médicaments expirés ont coûté au gouvernement la somme de Rs 105 millions entre 2006 et 2013. Les détails relatifs aux stocks expirés dans les hôpitaux, health centres et médicliniques n’étaient pas disponibles au ministère de la Santé au moment de l’audit. La destruction des produits pharmaceutiques expirés, qui doit se faire selon les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé, a un coût : des produits d’un montant de Rs 92 millions seront enfouis à Mare-Chicose.
Autre constat : la machine de distribution de méthadone acquise en 2010 pour un montant de Rs 1 million a été sous-utilisée et dernièrement complètement inutilisée malgré les recommandations du rapport 2013 du PAC. La relocalisation des centres de distribution pour assurer un usage optimal de cet équipement n’a toujours pas été effectuée. Le rapport de l’Audit fait ressortir que la préparation manuelle des doses de méthadone comporte certains risques inhérents au contrôle de la quantité des ingrédients et à un dosage excessif.