« Ce sont les consommateurs qui payent le prix de l’incompétence des nominés politiques qui occupent des postes stratégiques au sein des instances gouvernementales ». Ce sont les propos tenus par Jayen Chellum, secrétaire général de l’Association des consommateurs de l’île Maurice (ACIM) cette semaine lors d’une conférence de presse. Ce dernier a également tiré à boulets rouges sur le chairman du Central Electricity Board (CEB) et parle de « nominé politique ».
« Les nominations politiques causent du tort à la population. Ce sont les consommateurs qui payent le prix de leur incompétence. On les prend pour des bouche-trous et la conséquence est une augmentation des coûts. C’est criminel ! », affirme Jayen Chellum, qui dénonce par ailleurs la nomination de Balraj Naroo à la présidence du conseil d’administration du CEB et qui s’interroge sur les critères de nomination de ce dernier.
Le secrétaire général de l’ACIM se dit particulièrement inquiet de la situation. Les nominations aux postes clés d’instances gouvernementales, selon Jayen Chellum, ne devraient pas se faire selon les appartenances socio-éthniques ou socio-culturelles. L’Association des consommateurs de l’île Maurice a tenu une conférence de presse à son siège à Bell-Village pour parler de plusieurs sujets. Dans le premier volet, Jayen Chellum a fait part d’une série de propositions de l’association au gouvernement en matière d’énergie et de services publics. Elles seront soumises au ministre des Finances Xavier-Luc Duval dans le cadre du prochain exercice budgétaire en novembre. Des projets tels que le Harbour Bridge ou le light railway system feront consommer au pays beaucoup d’énergie, estimant que ces derniers ne sont pas viables, de même que le projet d’incinérateur, a-t-il souligné. Le gouvernement, poursuit Jayen Chellum, devrait également encourager l’utilisation de véhicules hybrides en donnant des incentives pour leur acquisition.
Revenant sur le dossier du Central Electricity Board, Jayen Chellum estime que les consommateurs payent le prix fort pour l’électricité. « On a expliqué que la hausse des tarifs était justifiée par l’achat de cinq turbines en vue de pallier la demande pour la production d’énergie en période de pointe. Mais selon nos renseignements, seules deux turbines suffisent », s’indigne M. Chellum. Au sujet de la Central Water Authority, ce dernier dira que l’association est contre sa privatisation. « La privatisation de la CWA n’est pas une solution », dit Jayen Chellum.
Concernant les gaspillages de l’argent public, le secrétaire général de l’ACIM veut que les recommandations du rapport de l’audit soient prises en compte lors des consultations budgétaires. « Lorsque les rapports de l’audit tombent, ces derniers font un grand bruit médiatique mais après on n’entend plus rien jusqu’au prochain exercice », affirme ce dernier. Et d’ajouter : « Ces recommandations, secteur par secteur, doivent être considérées lors du Budget, afin que celles-ci ne tombent dans les oubliettes. »