Finalement, l’élection pour le poste de 3e vice-président de l’Association des Comités Nationaux Olympiques d’Afrique (ACNOA) ne fut pas aussi difficile qu’annoncée. C’est le moins qu’on puisse dire puisque notre compatriote, Philippe Hao Thyn Voon qui est aussi président du Comité Olympique Mauricien (COM) a été élu vendredi soir à Abidjan à l’occasion de la 15e assemblée de l’ACNOA, 3e vice-président de cette instance avec 34 voix dès le premier tour du scrutin. Outre le fait d’avoir battu le candidat sortant, Gilbert Greesenguet — qui est considéré comme un baobab au sein de l’ACNOA — avec une avance de 27 voix, il est aussi devenu dans l’histoire du sport mauricien  le premier à accéder à ce poste.
Face à Gilbert Greesenguet et du Nigérien Mamadou Talata Doulla, il était dit que les chances de Philippe Hao Thyn Voon étaient quasiment minimes. Faut croire que la bonne étoile du président du COM était avec lui dans la capitale sénégalaise, puisqu’il a tué le jeu dès le premier tour du scrutin. Avec 34 voix, soit plus de 50% des 52 votants, notre compatriote n’a laissé que 10 voix à Mamadou Talata Doulla et 7 voix à Gilbert Greesenguet, qui pourtant faisait figure d’épouvantail dans cette joute.
«Comme on dit toujours, une élection n’est jamais gagnée d’avance. Surtout au niveau de l’ACNOA où le collège électoral est aussi important. Mais je pense que c’est bien parce que je suis un Mauricien que mes amis m’ont fait confiance. Ils étaient tous à Maurice l’année dernière lors du séminaire de l’ACNOA et ils ont tous constaté à quel point nous sommes sérieux et désireux de travailler pour le bien du sport en Afrique», a soutenu Philippe Hao Thyn Voon  à Week-End hier au téléphone.A peine élu à ce poste que le nouveau 3e vice-président de l’ACNOA sait déjà quel sera son cheval de bataille au sein de cette instance. «Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir afin de m’occuper d’un projet de développement pour les sportifs africains. Les statistiques ne trompent pas. Le sport africain est bien en déclin face à l’Europe, l’Asie et les Amériques. Il nous faut donc agir au plus vite pour les athlètes» a insisté notre interlocuteur. Ce dernier dédie ainsi cette victoire à son équipe du COM et au sport mauricien et souligne que Maurice fera entendre sa voix dans les différentes instances de l’ACNOA.
Palenfo: he did it again !
Par ailleurs, le président sortant de l’Association des Comités nationaux d’Afrique (ACNOA), Lassana Palenfo a été réélu pour un nouveau mandat de 4 ans, toujours vendredi, à l’Hôtel Ivoire à Abidjan. Avant le plébiscite, dans la matinée, lors de la cérémonie d’ouverture de ces assises, le président Palenfo a indiqué que la tenue de cette assemblée générale en Côte d’Ivoire est le symbole de la paix retrouvée, la compréhension, le dialogue, la fraternité, la solidarité  »si chère en Afrique ». «L’Olympisme, par les valeurs qu’il véhicule, vient conforter par cette assemblée générale, tout le sens de notre mouvement en faveur de la tolérance, du respect, de la dignité», a -t-il ajouté, avant de dévoiler son programme sur les quatre prochaines années qui seront marquées par l’action, la mise en oeuvre de projets, l’absolue nécessité, au plan de la moisson des médailles Olympiques, de faire beaucoup mieux qu’aux Jeux de Londres.
«Nous devons retrouver notre rang sur l’échiquier mondial et Olympique du sport. Notre commission des athlètes de l’ACNOA nous indique le chemin d’avenir qui doit nous permettre de faire beaucoup mieux aux Jeux de Rio de Janeiro. Ensemble, avec vous tous , les CNO d’Afrique, nous devons élaborer des stratégies gagnantes pour découvrir des talents nouveaux, préparer des champions en affectant plus de moyens à leur recherche de performances, concevoir des programmes d’entraînement judicieux et d’organisation de compétitions sportives pour dégager une élite qualitative pour les grands rendez-vous du sport mondial et olympique», a déclaré le président Palenfo dans son allucution. La réalisation de ces priorités, a-t-il souligné, nécessitera l’implication des entraîneurs dont les formations doivent être accrues, des dirigeants et du mouvement sportif africain.
«L’Afrique Olympique doit retrouver sa place, sa vraie place. Notre continent est un formidable vivier de champions en herbe! Contribuons tous à faire émerger ces jeunes, hommes et femmes, qui porteront les couleurs de notre continent», a insisté le président de l’ACNOA. Poursuivant, il a indiqué que le programme quadriennal d’activités portera aussi sur la culture de la paix. Et que l’ACNOA s’efforcera d’optimiser l’impact du sport, facteur de réconciliation, grâce aux partenariats avec les organisations onusiennes, la Confejes et les gouvernements. Parce que la valeur du sport doit soutenir les efforts de paix des communautés et permettre d’améliorer la responsabilisation des jeunes par la mise en oeuvre de programmes spécifiques. Dans sa foulée, le président des ACNO, Ahmad Cheickh Al-Saba, a rassuré l’ACNOA de son soutien.
Les adieux de Rogg
Quant au président du CIO, Jacques Rogge, il a souhaité que l’ACNOA continue à jouer un rôle essentiel dans la mouvement sportif africain, en particulier à travers les Jeux continentaux, notamment les prochains Jeux africains de Brazzaville.  »Une grande richesse pour les athlètes du continent et plus encore pour les jeunes générations ». «A l’instar du CIO, l’ACNOA doit poursuivre ses efforts de développement du sport», a-t-il insisté. Pour sa part, le Premier ministre Daniel Kablan Duncan, représentant le président Alassane Ouattara, a indiqué au président du CIO et à la famille olympique que l’ambition du chef de l’Etat est de faire de la Côte d’Ivoire, un pays émergent à l’horizon 2020. Selon lui, la présence du CNO africain à Abidjan, traduit l’esprit de solidarité qui guide le mouvement olympique. Il a salué le rayonnement du dynamisme du président Palenfo dans la gestion du mouvement sportif. «Vous êtes la fierté de la Côte d’Ivoire», a-t-il déclaré. Face au résultat mitigé des athlètes africains aux Jeux olympiques de Londres 2012, le Premier ministre ivoirien a souhaité que des assises d’Abidjan, sortent des propositions et solutions, pour une bonne participation de l’Afrique aux Jeux de Rio 2016 au Brésil et pour les prochaines compétitions internationales.
«L’Afrique ne doit plus être à la traîne au niveau des grands rendez-vous sportifs car l’Afrique a les hommes, les femmes et pourquoi pas les moyens pour relever les défis», a-t-il indiqué, avant de conclure que les dirigeants africains attendent de ces assises,» des orientations claires pour améliorer et accélérer le dynamisme du mouvement olympique en Afrique. La cérémonie s’est achevée par l’intronisation du président du CIO, Jacques Rogge, par le chef de village de Blokosso, Nanan Abotcha et la décoration de plusieurs personnalités du mouvement olympique.