L’ancien Chief Executive Officer (CEO) de la State Investment Corporation (SIC), Iqbal Mallam-Hasham, libéré sur parole par la magistrate Damini Dookhy, siégeant à la Bail and Remand Court, hier, devra fournir deux cautions de Rs 50 000 chacune et une reconnaissance de dettes de Rs 700 000. Il a été inculpé par l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) pour deux délits de Public official using his office for gratification sous le Prevention of Corruption Act et de Money Laundering de Rs 105 millions sous le Financial Intelligence and Anti-Money Laundering Act avec l’acquisition en mars 2014 de propriétés immobilières appartenant à la Bramer Property Fund Limited (voir libellé de l’acte d’accusation plus loin). De son côté, Me Rama Valayden, l’avocat du suspect, a indiqué que des revirements de situation sont à prévoir sans donner la moindre indication, même si depuis mardi dernier, le nom d’une personnalité de la majorité est cité comme ayant contribué à des étapes de ce Super Deal de la Bramer. L’ICAC pourrait solliciter en début de semaine un Restraining Order de la Cour suprême sur les avoirs et comptes bancaires du suspect.
Iqbal Mallam-Hasham, qui a passé douze heures au QG de l’ICAC, vendredi, a été interrogé sur les dessous de cette transaction foncière concernant l’acquisition de 392 mètres carrés au rez-de-chaussée à Bramer House pour Rs 40 millions et 1 090 mètres carrés au 11e étage du même immeuble au coût de Rs 65 millions. C’était en mars 2014. Aucune zone d’ombre à ce stade.
Mais tout de suite, le premier hic surgira. Ottoman Capital Ltd, avec pour principal bénéficiaire le Byzantium Trust servant de paravent à l’ex-CEO de la SIC, ne sera enregistré que le 17 mars 2014, alors que dans une correspondance en date du 26 février 2014, l’ancien Premier ministre, Navin Ramgoolam, avait déjà donné son autorisation sous le Non-Citizen (Property Restriction) Act à cette société fantôme jusque-là.
Ce premier élément suspect dans un des dossiers récupérés à la Bramer Property Fund déclenchera une enquête confiée à l’ICAC. Après un premier round, les limiers de l’ICAC sont en présence d’informations accablantes à l’effet que le prêt de Rs 105 millions accordé par Bramer Bank à Iqbal Mallam-Hasham s’inscrirait dans un deal avec en contrepartie le placement de Rs 150 millions, en trois tranches, à la Bramer Asset Management. Se basant sur des documents à la SIC, l’ICAC maintient que cette Investment Initiative a été prise unilatéralement par le prévenu sans aucune Board Resolution.
Le second Limb de cette enquête est encore plus troublant, non seulement pour Iqbal Mallam-Hasham mais aussi pour le Management de Bramer Property Fund. Après avoir vendu ces deux paliers à Ottoman Capital Ltd de l’ex-CEO de la SIC, la Bramer Property Fund continue à occuper ces espaces-bureaux contre le paiement de loyer de Rs 520 000 par mois pour le 11e étage et de Rs 335 000 pour le rez-de-chaussée. Cette logique d’affaires sonne déjà faux pour ce fonds de gestion, dont le but est de faire fructifier les placements de ses clients.
Iqbal Mallam-Hasham sort grand gagnant de cette transaction, car avec un prêt de Rs 105 millions d’une des filiales du groupe BAI, il est devenu propriétaire immobilier avec les loyers susmentionnés. Qui plus est ! Le remboursement des intérêts ne représente qu’un déboursement de Rs 643 489 par mois, laissant dans les poches de ce proche de Navin Ramgoolam un surplus de plus de Rs 210 000, soit de loin les honoraires d’un ministre ou même du Deputy Prime Minister.
A partir de là, l’ICAC lance la traque avec l’ex-CEO de la SIC jouant à cache-cache pendant toute la journée de jeudi pour réapparaître vendredi matin. Il échappera à une nuit en cellule policière grâce à son avocat, Me Valayden, mettant l’accent sur son état de santé.
Commentant les développements dans cette enquête, Me Valayden soutient que « c’est une affaire qui a pour toile de fond la politique. J’ai dit en Cour que mon ami Iqbal Mallam-Hasham sera affecté financièrement jusqu’à ki li clear, ek nou pou clear li!, professionnellement et politiquement. Je peux vous assurer que j’ai des renseignements et vous savez que je ne bluffe pas. Dans trois semaines, cette affaire prendra une tout autre tournure. Le cas de figure changera, et nous espérons qu’il n’y aura pas de pick and choose dans l’enquête quand tous les noms seront cités. »
Me Valayden a aussi fait comprendre à la presse qu' »il y a beaucoup de maquillage, mais la subtilité de la chose veut qu’il y ait une dimension politique. Et l’ICAC a le devoir de dissiper cette perception, car cette affaire a mal démarré. »