Face aux fréquents actes de violence physique et verbale à l’encontre du personnel médical sur leurs lieux de travail depuis le début de l’année, la Nursing Association (NA) a exprimé ouvertement son exaspération aujourd’hui à travers deux manifestations et une conférence de presse. Les dirigeants de ce syndicat sont remontés particulièrement contre le ministre de la Santé Anil Gayan, qui ne ferait aucune démarche pour mettre frein à une telle situation, selon eux.
La NA affirme qu’il y a eu, depuis janvier, au moins une cinquantaine de cas d’agressions contre des infirmiers dans l’exercice de leurs fonctions, le dernier cas en date remontant à la semaine dernière. Selon ce syndicat, plusieurs affaires n’ont pas été rapportées auprès des autorités concernées, car les victimes « ont peur de représailles ». Les dirigeants de la NA ont fait une sortie virulente aujourd’hui contre le ministre de la Santé, qu’ils tiennent pour « responsable » de ce comportement violent du public vis-à-vis des infirmiers. « Anil Gayan a une part de responsabilité dans cette montée de la violence contre le personnel hospitalier. Le ministre aurait dû être la première personne à rassurer le personnel médical quant à leur sécurité sur leur lieu du travail et à les encourager, malgré les difficultés et les réactions violentes du public. Mais jusqu’ici, il n’a pris aucune position contre ces agressions fréquentes. Le plus grave, c’est que le ministre s’est mis à dos le personnel médical par certains de ses récents propos à l’encontre du staff », déplore le président de la NA, Ram Nowzadick. Rappelons que le syndicat des médecins généralistes avait lui aussi dénoncé l’attitude du ministre il y a une dizaine de jours lors d’une conférence de presse.
La NA craint que ses membres ne soient démotivés par cette lenteur des autorités à réagir et que la qualité du service offert aux patients n’en souffre. D’où cette insistance des membres de ce syndicat lors des manifestations d’aujourd’hui pour que le ministre de la Santé condamne publiquement ces actes de violence. Après une manifestation dans la matinée devant l’hôpital de Flacq, et à laquelle ont participé une centaine d’infirmiers, à tour de rôle, les membres de la NA se sont dirigés vers l’Emmanuel Anquetil Building, à Port-Louis, où est situé le ministère de la Santé, pour faire part, encore une fois, de leur mécontentement. « Zero tolerans », « Minister la Sante bizin pran so responsabilite », « Kondanasyon verbal pa sifizan, bizin pran aksyon », pouvait-on ainsi lire sur les pancartes brandies par les infirmiers.
Lors d’une conférence de presse tenue dans l’après-midi, les dirigeants de la NA ont demandé au ministère de la Santé de réactiver le « Workplace Violence Committee », mais avec de nouvelles attributions en raison des réalités actuelles auxquelles est confronté le service de santé publique.