En novembre 2009, J.M.G Le Clézio lançait la Fondation pour l’Interculturel et la Paix (FIP) et nous renvoyait à la conscience d’une vision du devenir humain. Depuis, il y a eu de nombreuses approches de la fondation visant l’apprentissage de la capacité à nouer des relations harmonieuses dans un contexte pacifique. La FIP a organisé diverses activités dont l’exposition « Tous parents, tous différents » et s’est fixée comme priorité l’éducation interculturelle en milieu scolaire. Cette approche interculturelle se présente comme un enjeu pour les enfants défavorisés. Sarojini Bissessur-Asgarally, responsable de la FIP, s’est chargée de promouvoir les approches interculturelles en éducation avec différents partenaires. Elle fait le point sur l’apprentissage du « vivre ensemble » en milieu scolaire.
« Dans le combat pour l’interculturel, il ne saurait y avoir d’acteur secondaire. Chaque voix, chaque visage est indispensable pour réaliser notre liberté collective, si chèrement acquise. » Lorsqu’il prononçait ces mots, J.M.G Le Clezio voyait l’espace mauricien comme lieu privilégié d’échanges, et pour de nouvelles réflexions sur une autre identité à construire. L’éducation interculturelle s’est avérée indispensable dans ce combat pour promouvoir la connaissance des cultures du monde (un des objectifs de la FIP). En janvier 2011, la FIP a organisé un concours national dans les écoles primaires du pays pour sensibiliser les enfants à l’interculturalité, leur apprendre à intégrer cette approche et l’exprimer à travers le théâtre, la peinture, le slam, la poésie. Sarojini Bissessur-Asgarally parle d’un projet de la FIP bénéficiant du « Social Corporate Responsability » (CSR) et sponsorisé par la HSBC. Le travail à l’aide des affiches et manuels destinés aux écoles a été fait en collaboration avec le Mauritius Institute of Education (MIE) et le ministère de l’Éducation. Les gagnants de ce concours national « Tous parents, tous différents » seront connus lors d’une cérémonie de remise de prix au Indira Gandhi Centre le 29 septembre 2011. Outre cette grande exposition, il nous a semblé intéressant de montrer comment les individus oeuvrent sur le terrain dans un contexte multiculturel avec des thématiques comme l’apprentissage du « vivre ensemble ». Sarojini parle de sensibilisation des enfants dès le plus jeune âge à reconnaître et accepter le pluralisme culturel comme une réalité dans notre société et de contribuer à des relations harmonieuses. Il s’agit d’une éducation « autour du genre humain », dit-elle. Les affiches envoyées dans les écoles primaires sont destinées à exposer l’enfant visuellement à l’interculturalité et voir comment il perçoit ce concept. C’est un travail lent, dit la responsable de la FIP, pour déconstruire les habitudes et instaurer les approches de l’interculturel en éducation (acquérir les notions de diversité culturelle, identité, altérité). Les approches aux différences culturelles nécessitent un travail de communication et de compréhension pour qu’elles soient enrichissantes. En 2010, la FIP a organisé des projets de dons de livres à Bambous et à Rodrigues. Ce mois-ci, ce sont les enfants de Gros Cailloux et de Canot qui bénéficieront du projet « Livres pour tout ». Il y a aussi, explique Sarojini Asgarally, ce travail qu’elle a débuté avec des volontaires à Bambous. Chaque mardi, les enfants de ce village bénéficient d’ateliers de peinture, d’écriture. « On valorise la créativité de l’enfant en milieu défavorisé », dit-elle. Il est intéressant de noter que cette approche interculturelle dans la forme scolaire a coïncidé avec une expérience personnelle de Sarojini en Inde qui a consolidé sa confiance dans l’humain. Ce qui l’amène à dire qu’aujourd’hui sa religion c’est l’humanité et sa prière, c’est la respiration. Outre ces éléments de comparaison, la FIP dévoile ses principaux défis et activités. Parmi lesquels, une expo photos organisée par la FIP et la Jeju Culture and Art Foundation le 27 septembre prochain à la Galerie IBL, Port-Louis. 70 photos de l’île de Jeju et des photos de Maurice seront exposées avec la collaboration du Musée de la photographie. C’est Le Clézio qui sera « l’homme-pont » entre les habitants de la Corée du Sud et les Mauriciens. Un bel exemple de la prise en compte de la diversité des deux îles.