Avec les grosses pluies de ces dernières semaines, c’est une averse d’indignation qui s’est abattue sur Maurice. La mauvaise gestion, l’amateurisme et l’incapacité de prendre des décisions plongent une fois de plus le pays dans une gadoue de colère et de frustration. Et l’orage n’est pas près de passer…
Pour comprendre cela, il n’y a pas mieux que l’exemple de Vasant Bunwaree à citer. Indifférent aux critiques qu’il a suscitées et à l’exaspération qu’il a créée lundi, le ministre de l’Éducation affirme avoir “pris la décision la plus sage”, ce matin-là. Il se félicite de n’en avoir pris aucune et d’avoir provoqué un vrai cafouillage auprès des enfants, des parents et de tous ceux engagés de près comme de loin dans le secteur de l’éducation. Évoquant les risques d’une alerte de pluies torrentielles, le ministre a précisé que les établissements scolaires resteraient ouverts, tout en encourageant fortement les parents à garder leurs enfants à la maison pour raison de sécurité. Which is which ?
Mis sur un tableau blanc ou noir par jour de pluie ou sous un soleil de plomb, un tel calcul ne répond à aucun calcul mathématique. En tout cas, pas à celle de la logique, encore moins au raisonnement attendu d’un ministre de la République en charge d’un secteur aussi important, où les implications sont multiples.
Cafouillage.
Les centaines d’enfants en pleine confusion lundi matin l’avaient compris, alors que chacun interprétait la non-décision du ministre à sa manière. Certains ont préféré comprendre qu’il y avait congé et/ou danger et sont restés chez eux. Ceux qui n’avaient pas eu la même lecture du communiqué et des déclarations du ministre et qui craignaient de perdre inutilement un jour de travail ont choisi de se rendre en classe. Entre les receveurs qui n’ont pas voulu les prendre à bord, les écoles qui étaient fermées et les salles de classe qui étaient presque vides, le cafouillage a été grand. Il l’a été davantage pour ces parents qui, à la toute dernière minute, ont dû s’organiser pour faire récupérer et garder leurs enfants.
Voilà donc dans quoi la sagesse du ministre Bunwaree a plongé certains Mauriciens, lundi. Pourtant, après les cafouillages provoqués moins d’une semaine plus tôt par la pluie, l’on aurait pu penser que le ministère et les autorités concernées auraient tiré les leçons qui s’imposaient. Mais il semblerait que certains éprouvent du mal à garder la tête froide quand la pression se fait sentir. Nul doute qu’une balade sous les averses (comme imposée à d’autres) les aiderait à avoir une vision moins brumeuse des choses.
Amateurisme.
Les grosses pluies de ces dernières semaines ont également mis à jour d’autres incohérences provoquées par l’amateurisme nonchalant dans bien d’autres secteurs essentiels. Comment expliquer sinon les embouteillages monstres qui paralysent le pays à chaque grosse pluie ? Ou encore les inondations résultant de la mauvaise planification du système de drains et des constructions, alors que des rues sont toujours obstruées par des avalanches.
À Souillac et ailleurs, la colère est montée face à cette mauvaise gestion. Dans d’autres quartiers, des familles ont dû trouver refuge loin de chez elles pour fuir la montée des eaux. Beaucoup ont été choqués, voire outrés, par les propos de la représentante de la Sécurité sociale, qui a fait preuve d’une vraie absence de sympathie envers les sinistrés. Mais il est aussi vrai qu’il n’y a pas d’élections prochainement; donc aucune raison d’être solidaire vis-à-vis des plus vulnérables.
Prévisions.
De son côté, la météo est toujours en pleine tempête. Avec des critiques venant de toutes parts, il faut que la station de Vacoas parvienne à savoir comment se démener pour répondre à ses détracteurs et pour tenter d’expliquer l’amateurisme dont elle continue à faire preuve dans ses prévisions. Serait-ce une affaire d’absence de compétence ou de matériel ? La question mérite d’être analysée et les mesures correctives doivent impérativement être prises. En attendant, en ce moment, il semble plus pertinent d’observer le mouvement des insectes pour se faire une idée du temps qu’il fera…
Voilà à quoi est réduit un pays aux prétentions singapouriennes.