La nouvelle de la mort d’Homeshwar Chummun, samedi dernier, alors que se déroulait la 12e journée de course, a eu l’effet d’une onde de choc dans la communauté des turfistes. Ce jeune track-rider en devenir,  de 20 ans seulement, est décédé 22 jours après une lourde chute sur Baynesfiled le 9 mai dernier. Grièvement blessé, il fut emmené d’urgence par les moyens du bord à la clinique  Fortis Darné où son pronostic vital était fortement engagé. Après plusieurs interventions chirurgicales, son état s’était amélioré, mais il finit par rendre l’âme samedi dernier.
Tout allait commencer, ou plutôt finir, alors qu’il rentrait aux écuries du centre Guy Desmarais à Floréal après une séance d’entraînement sur Baynesfield — qui n’était inscrit dans aucun effectif d’ écurie à ce moment précis — qui devait pointer et tomber à la renverse sur Avi Chummum. La chute a été si lourde que l’apprenti mauricien se retrouva dans un état critique.
Comme il n’y avait aucune ambulance à ce moment précis au centre Guy Desmarais, c’est  de façon rudimentaire, un van de jardinier, qu’il fut transporté à la clinique Fortis Darné pour les premiers soins. Il a passé trois semaines entre la vie et la mort aux soins intensifs. A plusieurs reprises il fut emmené d’urgence dans la salle d’opération, dont la dernière en date a été le mercredi 28, toujours à la clinique. Mais cela n’a pas été suffisant pour que la vie d’Avi Chummun soit sauvée.
Ce décès d’un total inconnu des courses plonge le monde hippique en pleine consternation, car ce serait la toute première fois, en tout cas de mémoire de turfiste, qu’un jockey décède des suites d’une chute à l’entraînement ou en course. La question qui est sur toutes les lèvres : comment un jeune qui s’est lancé dans ce métier, avant tout pour sa passion pour le cheval, a pu y laisser sa vie? Une question qui soulève bien d’autres interrogations et auxquelles Turf Magazine espère que l’enquête judiciaire qui devra être ouverte apportera des réponses. Pour qu’on n’aie plus jamais ça.
Homeshwar Chummun, qui rêvait de gloire, laissera néanmoins une marque dans l’histoire. Une marque qui poussera les autorités à prendre conscience que la sécurité des jockeys n’est  pas qu’un combat mais bien une réalité qui peut avoir des conséquences graves. Comme le destin tragique de ce jeune homme qui a tout donné à sa passion. Une passion qui lui a pris la vie.
Avi a gagné sa place au ciel depuis samedi tant il a eu une vie exemplaire et a été soutenu de prières pendant son combat perdu. Une place aux côtés de son père qu’il a perdu à l’âge de 15 ans et qui a fait de lui un adulte prématuré, contraint dès l’adolescence à prendre en charge une famille aujourd’hui dans la détresse la plus totale, notamment sa mère et sa jeune soeur. Mais, pour eux, ce vendredi 9 Mai le destin tragique a encore frappé à la porte familiale et samedi dernier le 31 mai c’est le deuxième pilier de la famille qui s’en est allé.
La triste nouvelle est tombée alors que la 12ème  journée battait son plein. Une annonce qui n’a pas laissé insensible Shan Ip, le commentateur du MTC. Un organisateur des courses confronté pour la première fois de son histoire à un tel  drame. Et qui à partir de là devra en tirer les leçons. Tout de suite.
Le MTC a donné l’exemple d’un soutien aux familles pendant l’épreuve et l’interminable l’attente. Maintenant, il devra aider la famille pendant cette douloureuse période à l’image de ses collègues jockeys du track rider et tous ceux présents au Champ de Mars qui ont observé une minute de silence. Chacun aura apprécié les gestes généreux des jockeys,  des membres de l’écurie Hurlywood et d’autres personnes qui ont préféré garder l’anonymat.
Comme pour tout décès accidentel, une enquête judiciaire devra être ouverte pour situer les responsabilités. Dans cette perspective, la CCID a déjà effectué une sortie au centre de Floréal et plusieurs personnes ont été interrogées. L’enquête suit son cours.
Adieu Avi.