Maurice accueille pour la première fois une conférence internationale sur la maladie d’Alzheimer à l’intention des pays africains. L’ouverture officielle a eu lieu ce matin en présence de la vice-présidente de la République Monique Ohsan-Bellepeau. Cette initiative d’Alzheimer Disease International (ADI), en partenariat avec l’association d’Alzheimer de Maurice, vise à débattre de l’importance de traiter cette maladie en tant que problème de santé publique prioritaire, vu son ampleur dans le monde entier. Lors de son intervention, le Dr Jacob Roy Kuriakose, Chairman d’ADI, a soutenu que les pays d’Afrique ont encore beaucoup à faire en ce sens.
Cette rencontre qui se tient depuis ce matin au Centre de conférence de Grand-Baie verra la participation de délégués venant d’Afrique du Sud, d’Angleterre, des États-Unis, de Madagascar, d’Inde et de Suisse, entre autres. L’objectif est de faire le point sur ce problème de santé publique et d’établir un état des lieux de la maladie se basant sur ce qui se passe dans plusieurs pays. Durant deux jours, les conférenciers aborderont plusieurs aspects de la maladie d’Alzheimer, notamment la prise en charge des personnes atteintes, les politiques publiques face à la maladie et les représentations sociales. À travers cet exposé, les associations et organisations qui oeuvrent en faveur de ces personnes espèrent sensibiliser le gouvernement et l’opinion publique sur la nécessité d’accorder une attention à cette maladie, qualifiée par l’Organisation Mondiale de la Santé comme une « important non communicable disease ». Les aspects sociaux, médicaux ainsi que culturels seront traités lors de la conférence, qui cadre avec la Journée de l’Alzheimer célébrée le 21 septembre.
Lors de l’ouverture ce matin, le Dr Ameenah Sorefan, président de l’Alzheimer Association de Maurice, a souligné l’importance de la tenue d’une telle conférence à Maurice. Rappelant le parcours de l’association, qui dit-elle était petite à ses débuts, elle a estimé que celle-ci doit encore se renforcer au niveau des ressources humaines et financières.
Prenant la parole, le Chairman d’Alzheimer Disease International, le Dr Roy, a mis l’accent sur la démarche de l’organisation pour exhorter les gouvernements à reconnaître l’Alzheimer comme un problème de santé publique prioritaire. D’ailleurs le rapport de cette année de l’organisation évoque le problème de stigmatisation et d’exclusion sociale des personnes souffrant de cette maladie et fait état d’une série de recommandations au gouvernement pour agir promptement face à cette situation. L’ADI est présente dans plus de 78 pays mais, a fait ressortir le Dr Roy, les pays d’Afrique comptent très peu d’associations oeuvrant pour les personnes atteintes. Le Chairman de l’ADI estime qu’il faut aussi encourager les gouvernements à investir davantage dans la recherche sur cette maladie afin de la détecter le plus tôt possible.
Dans son discours, la vice-présidente de la République s’est attardée sur la prévalence de la maladie dans le monde, soulignant que les avancées médicales et scientifiques ont permis d’apporter des méthodes de diagnostic et de traitement. Cependant, a-t-elle souligné, il reste encore beaucoup à faire. Monique Ohsan-Bellepeau est d’avis qu’il faut encore beaucoup de recherches dans ce domaine. « Even though you seem to be free from the disease you may be at risk. We should act quickly and forcefully before it becomes a real scourge for the society », dit-elle. À noter que l’ouverture de cette conférence était aussi marquée par la présence des ministres Sheila Bappoo (Sécurité sociale) et Mookhesswur Choonee (Arts et Culture) et de la PPS Pratibha Bholah.