Serge Henry n’est plus et c’est le turf mauricien qui perd l’un de ses plus illustres entraîneurs. Le recordman de victoires avec 672 réussites dans l’escarcelle. A Turf Magazine, on eu l’occasion de côtoyer l’homme quand il était encore plein de vie, mais aussi dans ses moments les plus difficiles. A toute sa famille, son épouse Linda, ses filles Nathalie et Caroline et son fils Jean-Michel, nous présentons nos plus vives sympathies.
Tout commença le 14 mai 1983 quand Serge Henry, qui avait obtenu une écurie à son nom, sella son tout premier gagnant, Alla Turca. Mais, auparavant, il avait été aux côtés de son père, qui portait le même prénom que lui, dans les années soixante au cours desquelles on parlait surtout d’un certain Mystic Snow qui allait par la suite faire partie de l’effectif de l’ancienne écurie Ruhee.
Lors d’une des dernières interviews que Serge Henry nous avait accordée — c’était en 2011 lors de sa 600e victoire qui avait été acquise par National Play sous la selle de Jason Holder — il déclarait qu’il avait connu une carrière fantastique avec le titre d’écurie championne en pas moins de 8 occasions. Mais il avait tenu à faire ressortir qu’il était toujours bien entouré par ses proches, son épouse Linda et ses enfants.
En fait, Linda a toujours été pour lui la compagne, l’amie, mais surtout The Lady. «Quelle femme !» avait-il lâché sans ambages. Celle qu’il avait rencontrée dans une petite ville du Maine, aux Etats-Unis et qui allait par la suite devenir son épouse. Une femme extraordinaire qui l’a toujours soutenu ainsi bien dans les moments de joie que dans les moments difficiles, comme cela a été le cas ces dernières années et surtout ces dernières semaines. Et lors de cette interview, il devait faire référence aux soins qui lui avaient été prodigués pour s’en sortir. S’il savait pertinemment bien qu’il avait une santé précaire, il se battait pour être présent chaque matin auprès de ses chevaux.
Linda aussi en avait profité pour couvrir d’éloges celui qu’elle avait épousé en1965, soit six années après qu’ils se soient connus. Elle dira qu’avec l’âge Serge Henry possédait plus de qualités que de défauts et qu’il était souvent mal compris avant d’avouer qu’elle parvenait à tout contrôler pour conserver sa place en tant qu’épouse.
Pour sa part, sa fille Nathalie s’est surtout rapprochée de son père quand elle est retournée vivre à Maurice. Et, comme il fallait s’y attendre, l’amour pour la race équine ne tarda pas à la gagner. En 2013, lors d’un de ses premiers entretiens, celui qui consacrait son père en tant que recordman de victoires, elle avait trouvé que ce dernier n’allait jamais raccrocher tant il demeurait un lutteur. Elle est même allée jusqu’à  dire «Il restera au Champ de Mars jusqu’à son dernier souffle. Il mourra avec ma mère et moi à ses côtés. Il s’éteindra parmi ses chevaux qu’il aime tant…»
On serait tenté de dire que tel a été le cas. La dernière fois que nous avons eu l’occasion de voir Serge Henry au Champ de Mars, c’était lors de la 24e journée, le 10 août dernier, qui lui avait permis d’aller accueillir son dernier doublé, mais aussi son dernier gagnant, Donnie Brasco.
Le destin a voulu qu’il en soit ainsi et qu’il ne soit pas présent pour le Maiden 2014, l’objectif qu’il s’était fixé pour cette saison, et dont tout le monde disait que ce serait sa dernière tentative dans cette classique. La maladie a eu raison de lui et il s’en est allé sur la pointe des pieds, laissant un grand vide.