Alors que sur le plan politique l’Orgnisation du Peuple de Rodrigues (OPR) de Serge Clair continue à dénoncer les dispositions du nouveau Local Government Bill 2001, considérées comme étant préjudiciables à l’autonomie de l’Assemblée régionale, la résistance s’organise sur quasiment tous les fronts contre l’initiative du ministre de tutelle, Hervé Aimée. La Platform Sov Nou Sosyété, qui regroupe des syndicats de Rodrigues, se joint au mouvement de contestation et de mobilisation de même que le Rodrigues Council of Social Services.
Alain Tolbize et Stevenson Clair, porte-parole de Platform Pou Sov Nou Sosyété, ne vont pas de main morte dans leur analyse du Local Government Bill, présenté en première lecture à l’Assemblée nationale. « Le Local Government Bill 2011 pose de multiples problèmes par rapport à Rodrigues, dans le sens où ce texte de loi vampirise le concept d’autonomie sous le Rodrigues Regional Assembly Act », font-ils comprendre.
Dissimulant difficilement leur déception, ils affirment que « nous nous attendions que la Constitution soit amendée pour faire progresser l’autonomie de Rodrigues. Nous avons eu un pouvoir administratif et pensions obtenir davantage de pouvoir politique ». Ils disent craindre que dans un proche avenir, l’Assemblée Régionale de Rodrigues soit amputée de plusieurs de ses pouvoirs.
« C’est inacceptable sur tous les plans. Si le Premier ministre ne pratique pas la conspiration, qu’il modifie constitutionnellement le statut de Rodrigues et laisse à l’Assemblée Régionale la liberté de promulguer une loi pour décider quant à la création d’une ville ou la définition des responsabilités des villages et également une décentralisation du pouvoir en vue de permettre à Rodrigues d’adopter une politique de proximité », ajoutent-ils.
Les animateurs de Platform Nou Sov Nou Sosyété étudient les différentes options possibles pour faire entendre leurs revendications. « Une action politique et une action judiciaire s’imposent. La nouvelle loi est de toute apparence anticonstitutionnelle. L’Assemblée nationale ne peut, par des structures parallèles, enlever les pouvoirs conférés par la Rodrigues Regional Assembly Act découlant de la Constitution », affirment-ils en dénonçant la collaboration du Mouvement Rodriguais dans « le massacre de l’autonomie de Rodrigues ».
« Nous ne laisserons pas le gouvernement central tuer notre autonomie. Il n’y a que deux solutions : nous rendre notre pouvoir politique par un amendement constitutionnel ou nous laisser prendre le chemin de l’indépendance », concluent les porte-parole de Platform Nou Siv Nou Sosyété.
Une autre voie discordante est venue s’ajouter au concert de protestations contre le nouveau Local Government Bill. Il s’agit du Rodrigues Council of Social Services. Le président du RCSS, Wilmode Édouard, a dénoncé le ministre Aimée pour avoir fait l’impasse sur les propositions soumises depuis juillet dernier.
Les dirigeants de la RCSS soutiennent que les ONG, telles que MACOSS à Maurice, ne tombent pas sous le Local Government. « Pourquoi le RCSSS doit subir ces décisions non-consultatives ? » se demandent-ils en soulignant que « le RCSS veut garder sin intégrité et son indépendance en tant qu’ONG et ne compte pas dévier de ses objectifs ».
Dans le cadre de sa campagne de mobilisation, le RCSS a convoqué une assemblée générale des présidents de villages samedi prochain en vue de mieux structurer la résistance au projet de loi du ministre Aimée.