Le Conseil municipal de Quatre-Bornes a siégé à huis clos pendant une courte période d’une dizaine de minutes à sa dernière réunion vendredi après-midi. C’est la première fois au cours de l’actuel mandat municipal (2005-2012) qu’une administration régionale opte de trancher in camera d’une question qui, a priori, engage la gestion de fonds publics.
Ce huis clos inattendu, mais tout à fait légal d’après les nouvelles dispositions du nouveau Local Government Act 2011 et même sous les anciennes lois, a permis aux conseillers (tous de l’alliance gouvernementale PTr-Pmsd) de régler entre eux une question qui potentiellement pouvait, une fois de plus, étaler en public une division des troupes très mal vue à l’Hôtel du Gouvernement. Les représentants de la presse présents pour la couverture des travaux du conseil ont donc été priés de se retirer le temps que les édiles débattent loin des regards et des oreilles indésirables.
En fait, la question, semble-t-il tellement délicate, portait sur la marche à suivre pour régler un litige opposant la mairie à la firme de construction Laxmanbhai et vice versa au sujet de la réalisation de certains projets municipaux. D’importants fonds y sont engagés.
Selon nos informations, le litige a déjà été porté au niveau de la Cour suprême et, suite à un arrangement entre les deux parties, il avait été convenu qu’un arbitre allait âtre désigné. La nomination de l’arbitre aurait déjà été fait par le juge Lam Shang Leen, mais, une motion a été déposée au Conseil préconisant l’abandon de l’arbitrage au bénéfice de négociations directes entre un ou des délégués municipaux et Laxmanbhai. Et, comme il fallait le prévoir, les débats in camera ont été animés par un clan de conseillers précis qui, en public, séance après séance publique, critique l’administration générale de la ville embarrassant le maire, Mme Arianne Oxenham et son Chief Executive Officer. Et, toujours selon nos informations, c’est justement ce clan qui a eu le dessus contraignant le maire à se ranger à son point de vue. Il n’y aura, en fin de compte, pas d’arbitrage, mais bien négociations directes.
Des sources bien informées affirment que les consellers municipaux PTr-PMSD de Quatre-Bornes se sont plusieurs fois fait rabrouer par leurs dirigeants nationaux qui leur a reproché de projeter une mauvaise image de leurs partis respectifs. Et, toujours selon ces mêmes sources, si cette mauvaise image persiste, il ne serait pas étonnant qu’à chaque fois qu’il y aura des risques de clashes en public, le huis clos s’impose.
Vendredi dernier, les travaux du Conseil municipal a repris en public avec une apparence de cohésion même s’il reste des conseillers qui sont encore d’avis qu’un arbitrage aurait été « plus transparent » et aurait mieux garanti les intérêts des contribuables de la ville.