Le ministre des Administrations régionales, M. Hervé Aimée, aura nouvelle rencontre, mardi prochain, avec tous les conseillers municipaux dans les locaux de son bureau à Port Louis.
L’objectif du ministre, apprenons-nous, est de resserrer les liens entre les conseillers de l’alliance gouvernementale qui restent en place dans les différents conseils municipaux. Mais on s’attend aussi à des coups de gueule de sa part, vue les nombreux tiraillements qui persistent çà et là. Pour ce qui est du Conseil municipal de Port-Louis, l’alliance gouvernementale ne semble pas trop s’inquiéter de la défection notable du conseiller Eshan Juman (un ex-bras droit de la députée Kalyanee Jugroo dans la circonscription no. 4). On fait remarquer que le conseiller Juman n’est lui-même pas un exemple de vertu ayant été déjà condamné pour avoir tenté de soudoyer un policier qui l’avait pris en contravention. Par contre, la situation est qualifiée de très déplorable à Beau-Bassin/Rose-Hill, à Quatre-Bornes et à Curepipe.
Au Conseil des Villes-Soeurs, lors d’une session de travail mercredi dernier, le camp de l’alliance gouvernementale aurait dû, en principe, faire bloc contre une interpellation du conseiller dissident Swadicq Peerally concernant un voyage du maire PMSD Norbert Froget à Marseille (France) pour participer à une conférence… sur la gestion des eaux. Mais, contre toute attente, ce sont les conseillers travaillistes (donc alliés du PMSD) eux-mêmes qui ont pris le maire bleu à partie. Mené par le toujours remuant conseiller connu sous le sobriquet « Chemise Rouge », de son vrai nom Raj Aubeeluck (lui-même un ancien maire) tous les conseillers travaillistes ont fait un walk-out en accusant le maire Froget d’avoir gaspillé l’argent des contribuables en allant discuter d’une question de gestion de l’eau alors que la municipalité n’a absolument aucun rôle à jouer dans ce secteur. L’eau à Maurice, ont-t-il fait ressortir, tombe sous le contrôle exclusif de la Central Water Authority. Or, c’est le ministre Aimée lui-même qui a autorisé le déplacement de Froget à Marseille… Le maire PMSD, lui, préfère croire que les conseillers travaillistes sont « jaloux » de ses réalisations.
Au Conseil de Quatre-Bornes, la situation se dégrade de jour et jour et semble totalement échapper à l’autorité de la mairesse, Mme Arianne Oxenham. Cette dernière, pour des raisons non-expliquées, s’est absentée d’une réunion de l’Excutive Committee. Par manque de quorum, la réunion a alors être renvoyée. Le même jour, s’est tenue une autre réunion au cours de laquelle, cette fois, c’est un clan de conseillers connu sous le vocable « bann laké satt » qui s’est donné à coeur joie en bombardant de questions embarrassantes l’adjoint-au-maire, M. Beedassee. Certains qui ont assisté à cette réunion se sont plaint du langage déplacé d’un bouillant conseiller. Rappelé à l’ordre, ce dernier aurait lancé qu’il n’en a que faire des remontrances parce qu’il sait déjà qu’il n’obtiendra pas d’investiture aux prochaines élections.
A Curepipe, c’est l’adjoint-au-maire, M. Latour-Adrien qui rouspète contre ses propres collègues et accuse certains cadres municipaux de pratiques corruptives. En cette année électorale, les prises de positions publiques de M. Latour-Adrien embarrassent l’alliance PTr-PMSD, mais, forte tête, l’adjoint-au-maire persiste et signe.
Le ministre Hervé Aimée est certes sorti renforcé de son bras de fer avec le MSM de Pravind Jugnauth au sujet de la délimitation des arrondissements. Pour lui, qui avait nié les allégations de Gerrymandering et de communalisme formulés à son encontre par le leader orange, c’est un réconfort. Le Premier ministre a, lui, affirmé que, « MSM finn découyonner ! ». Mais, si d’ici les prochaines élections le ministre n’arrivent pas à imposer l’ordre et la discipline chez ses propres édiles, la déconvenue pourrait changer de camp.