Alors que l’enseignement des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques est dans la ligne de mire du ministère de l’Éducation depuis quelque temps, la comptabilité et la gestion restent toujours les matières les plus cotées chez les étudiants inscrits dans les différentes institutions tertiaires du pays.

Selon le dernier rapport de la Tertiary Education Commission (TEC) sur le secteur de l’éducation tertiaire à Maurice en 2017, le nombre total d’étudiants pour ces deux matières est de 17 445, soit 10 543 (22%) pour la comptabilité et 6 902 (14,4%) pour la gestion.

L’informatique est à la troisième place avec un total de 3 697 étudiants (7,7%) alors que les professionnels du secteur se plaignent souvent d’un manque de ressources humaines dans ce domaine. Notons également que 3 192 (6,6%) étudiants poursuivent leurs études en ingénierie, 2 875 (6%) dans l’éducation et 2 532 (5,3%) dans le domaine médical.

S’agissant des cours en sciences et technologies, le pourcentage d’étudiants ayant opté pour ces matières était de 27,3% en 2017. Phénomène qui n’a rien de nouveau, le rapport notant que le taux ne dépasse pas les 30% depuis ces dernières cinq années.Une chute de 40% est également constatée pour la demande des cours en dentisterie, textile, pharmacie et sciences, et ce contrairement aux cours concernant le domaine de la santé, où une hausse de 31% a été notée (de 770 à 1 009 en 2017). Ce document de 103 pages démontre le faible intérêt pour d’autres matières tels “Banking/Finance” (2 244 étudiants) et le “Business/Commerce/Marketing” (2 190).

Quant aux cours de droit, de tourisme et de langues, le nombre d’étudiants est respectivement de 1 770 (3,7%), 1 567 (3,3%) et 1 354 (2,8%). Par ailleurs, outre les étudiants inscrits dans des institutions tertiaires à Maurice, il faut également compter 4 723 autres étudiants suivant des cours dans des universités étrangères. Leur mode d’apprentissage est plutôt en ligne et la plupart de ces étudiants ont choisi comme matière la comptabilité (62,7%), suivi de “Banking and Finance”, la communication et, en dernier lieu, l’informatique. Alors que Maurice vise à être reconnue comme un centre de connaissances, le rapport révèle une baisse de 0,2% dans le nombre d’étudiants, soit 82 de moins qu’en 2016.

Selon les chiffres, une baisse continuelle a été enregistrée depuis 2014, le nombre passant de 50 068 à 48 007 en 2017. Toutefois, le nombre d’étudiants a augmenté dans les institutions publiques, passant de 20 966 à 21 092 cette même année. Toujours en 2017, 38 850 étudiants étaient recensés dans les institutions tertiaires. Ils sont 2 087 étudiants étrangers ayant choisi Maurice pour leurs études ces dix dernières années, dont 53,3% d’hommes et 46,7% de femmes. À titre de comparaison, ils étaient 1 736 étudiants étrangers en 2016. La plupart, soit 1 875, ont choisi d’étudier dans des institutions post secondaires. Ceux qui étudient pour leur premier diplôme sont au nombre de 1 799, 207 autres ayant décidé de poursuivre leurs études dans le cadre de l’obtention d’un doctorat.

La majorité des étudiants étrangers ont choisi d’étudier la médecine. Concernant les principaux pays de ces ressortissants, l’Inde arrive en première position, avec 758 étudiants, suivie de Madagascar (194), l’Afrique du Sud (176), la France (119) et le Kenya (90). Le document indique que la plupart des étudiants étrangers ayant choisi Maurice se sont tournés vers des universités publiques, à savoir l’Université de Maurice, l’Université de Technologie, l’Open University et l’Université des Mascareignes, soit 18 076 sur un total de 21 092􀀧 en 2017.

Par ailleurs, l’Open University est l’une des quatre universités dont la croissance est la plus solide, soit 31,7% en 2017. « It is to be noted that the flexibility that characterised OU programmes and its modes of learning has sustained its good performance vis-à-vis the other PFIs in the last 5 years », peut-on lire dans le rapport. Le nombre d’étudiants a aussi augmenté de 14,3% pour l’UTM et de 1,7% pour l’UoM en 2017. Bien qu’étant l’une des institutions tertiaires comptant le plus grand nombre d’étudiants, l’UoM a vu chuter le nombre d’inscrits ces trois dernières années (-9,8%).

Notons que cette institution cherche à attirer plus d’étudiants étrangers. Il ressort d’ailleurs qu’une participation de l’UoM à un événement réunissant des institutions tertiaires en Inde a permis à l’UoM de nouer des contacts avec des étudiants étrangers, lesquels sont d’ailleurs plus intéressés par le secteur de la médecine en tant que filière d’étude.

Notons par ailleurs qu’en 2017, 19,1% des étudiants mauriciens étudiaient à l’étranger. Une baisse de 7,6% a toutefois été enregistrée dans le nombre d’étudiants partant pour l’étranger pour leurs études deux années consécutives (de 9 911 en 2016 à à 9 157 en 2017).

Selon le document, l’Australie est la destination privilégiée avec 2 163 étudiants mauriciens, contre 1 920 pour la France, 1 500 pour le Royaume-Uni et 1 253 pour la Chine. Les filières d’études les plus prisées dans cette catégorie d’étudiants sont la médecine (1 368 inscrits) suivi de l’ingénierie (1 314), la gestion et le marketing (646) et le droit (510). Par ailleurs, une hausse de 11,1% des étudiants partant à l’étranger a été notée, soit 2 892, contre 2 604 en 2016. Le Royaume-Uni est également une destination de choix. De 2016 à 2017, le nombre d’étudiants mauriciens ayant opté pour ce pays est en effet passé de 400 à 650. Le “Gross Tertiary Enrolment Rate” pour ce secteur est de 46,6%. La TEC est arrivée à ce chiffre en considérant le nombre d’étudiants âgés de 20 à 24 ans étudiant à Maurice et à l’étranger.

Sur un total de 48 007 étudiants à Maurice en 2017, 45 920 étudient à Maurice et 2 087 sont des étrangers. En 2017, ils sont 14 519 étudiants ayant été inscrits dans les différentes institutions tertiaires. De ce nombre, 7 367 étaient admis dans les institutions publiques, 4 265 dans les institutions de formations et 2 887 dans des institutions étrangères.

S’agissant de la répartition hommes/femmes, le nombre d’étudiantes était de 34 127 dans toutes les institutions tertiaires, soit 57,7% du total général, par rapport à 56,6% en 2015. En 2017, 67,2% étudiants étaient inscrits en vue d’un diplôme, 13,1% pour un “master” et 2,2% pour un doctorat. En 2017, 45,6% étudiants étaient inscrits dans les institutions publiques