Négativité, rébellion, repli sur soi. Il est souvent difficile de détecter les signes de dépression chez l’adolescent, cette tranche d’âge ayant des caractéristiques plus ou moins comparables à celles d’une dépression. Si de tels comportements, couplés à la tristesse, l’irritabilité et le découragement persistent, surtout lorsque ces émotions sont intenses, il y a lieu pour les parents de prendre les choses en main et de consulter un médecin. D’autant que la dépression, lorsqu’elle se complique, peut induire à une tentative de suicide.
L’âge de la puberté est une période trouble et d’instabilité pour le jeune qui, se cherchant encore, oscille entre orgueil et manque d’expérience, entre revendication de liberté et dépendance inévitable des parents. Face à cette période de transition et souvent de rébellion, il est tout à fait possible que les parents interprètent des signes de détresse comme étant des comportements typiques chez les adolescents. Des expressions de dévalorisation de soi telles « je suis moche ou inutile » ou « les autres ne m’aiment pas » peuvent traduire chez le jeune un mal-être profond.
Quand s’inquiéter ? Les parents doivent veiller à ce que les troubles de l’humeur de leur adolescent soient seulement occasionnels et ne durent pas. L’adolescent dépressif éprouve les mêmes sentiments que l’adulte dépressif : tristesse, découragement, irritabilité, mauvaise image de soi. Il n’a aucune idée de ce qu’il voudrait faire dans le futur. La violence et la fugue peuvent également signaler une dépression, surtout chez les garçons. De tels comportements apparaissent en général avant la dépression. Certaines autres conduites à risques peuvent découler de la dépression telles l’automutilation. Certains adolescents s’isolent et émettent des idées suicidaires alors que d’autres trouvent refuge dans l’alcool ou la drogue.
Au collège, une perte d’intérêt en classe, des difficultés à se concentrer, un refus de travailler et une baisse de performance peuvent être révélateurs d’une dépression de l’adolescent. Parfois aussi, le jeune peut adopter une attitude inverse, s’enfermant dans sa chambre, avec pour seule compagnie ses livres d’étude et répugnant aux activités sociales. À ce repli anormal, s’ajoute une absence de communication.
Boulimie/anorexie
Autre signe pouvant signaler une dépression chez le jeune : il lui est difficile de trouver le sommeil. La fatigue s’installe alors aggravant la dépression et créant un cercle vicieux. D’un point de vue alimentaire, deux comportements existent. L’adolescent peut avoir une tendance boulimique, s’empiffrant d’aliments ou n’a plus d’appétit. Chez les jeunes filles, la perte de poids et les vomissements doivent faire suspecter une anorexie, qui peut à son tour révéler un mal-être physique conduisant à la dépression.
S’il n’est pas toujours facile de déterminer la cause de la dépression, certains événements marquants et angoissants tels la perte d’un proche, le divorce des parents, des difficultés scolaires ou une maladie sont connus comme étant susceptibles de déclencher une dépression chez le jeune.
Selon les statistiques, au cours de l’enfance, il n’y aurait pas de prévalence de la dépression chez l’un ou l’autre sexe. Mais, d’après les observations mondiales, chez les adolescents, les filles seraient deux fois plus concernées. La raison qui y est attribuée est essentiellement psychosociale. À une période où s’opèrent des changements physiques, les jeunes filles ont une baisse de l’estime de soi bien plus marquée que chez les garçons. Il y a aussi le fait que la société accorde beaucoup d’importance au corps féminin.
Selon les spécialistes, le manque de dialogue dans une famille peut constituer un facteur de risque. Autre élément favorisant : lorsque les parents adoptent un comportement qui n’est pas toujours stable et qui fait que l’enfant ne sait pas quelles seront leurs réactions face à un type de demande, parce que celles-ci varient en fonction de leur humeur. Par exemple, lorsqu’un parent réprimande un jour un enfant pour un acte précis et rit une autre fois pour le même acte. Ou encore, lorsqu’un parent préfère vaquer à son passe-temps alors que son enfant lui demande de l’aider dans ses devoirs et qu’il lui reproche ensuite ses mauvaises notes. L’adolescent est alors mal structuré et ne sait quelle attitude adopter face aux comportements anxiogènes
de leurs parents.
Face à un changement de comportement chez un adolescent alors qu’il n’y a visiblement pas d’événement social, familial ou personnel qui le justifie, il importe, si cela dure, de consulter un médecin.
La thérapie est tout aussi importante que le diagnostic. Parfois, une simple explication de l’état de l’adolescent aux parents après le diagnostic et des conseils sur comment soutenir leur enfant peut aider celui-ci à remonter la pente. Par contre, lorsque les troubles perdurent, il est conseillé de consulter un psychiatre.
Selon une étude, les enfants de parents déprimés auraient trois fois plus de risques de troubles psychiques. La période de l’adolescence étant très marquée par des transformations physiques, biologiques et psychologiques, les relations parents-enfants jouent beaucoup sur l’état d’esprit du jeune. Le plus souvent, des parents déprimés durant cette phase de la vie ne contribue pas à un développement harmonieux.