Traitement différencié réservé par le Prime Minister’s Office à Rakesh Gooljaury et à Nandanee Soornack, jusqu’à tout récemment partenaires en affaires dans des projets de restauration dans l’enceinte du Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport et également dans l’exploitation d’espaces commerciaux pour des articles haut de gamme. Dans un premier temps, ce document du Bureau du Premier ministre justifie l’allocation des contrats en faveur d’Airway Coffee de Nandanee Soornack à l’aéroport sur la base d’exercice d’appels d’offres. Par contre, Rakesh Gooljaury, l’homme derrière l’Elite Tower à Ébène avec la SICOM payant Rs 600 millions, est égratigné magistralement pour avoir obtenu 97 mètres carrés d’espace commercial à l’aéroport et cela sans appel d’offres.
Pourtant, ce même Rakesh Gooljaury est connu pour avoir conclu l’un des derniers « mari deal » à la fin de 2013 avec la construction d’Elite Tower à Ébène, un immeuble de 15 niveaux et couvrant 14 469 mètres carrés sur un terrain alloué par Business Parks of Mauritius Limited (BPML). Le chantier d’Elite Tower est déjà complété. Mais le fait dans cette affaire est que bien avant le démarrage des travaux sur le site, la State Insurance Corporation of Mauritius (SICOM) s’était engagée à payer quelque Rs 600 millions, soit Rs 591 620 860 et la Taxe à la Valeur Ajoutée de Rs 88 millions aux promoteurs de ce projet.
La conclusion de cette transaction entre la SICOM et l’homme d’affaires à la fin de 2012 et au début de 2013 avait soulevé un véritable tollé dans les milieux politiques avec des allégations que Rakesh Gooljaury est un proche du pouvoir travailliste en place. Cette nouvelle affaire avait surgi dans le sillage de la Nandanee Soornack Saga après les dernières élections municipales. Pour pouvoir assurer le financement de la construction de ce projet, il avait même bénéficié de facilités bancaires de l’ordre de Rs 500 millions.
Pourtant, les derniers paragraphes du communiqué du Prime Minister’s Office d’hier soir, au sujet des contrats alloués par Airports of Mauritius Ltd n’épargnent nullement l’homme d’affaires Gooljaury, jusqu’à tout récemment le partenaire d’affaires indéfectible de Nandanee Soornack. En effet, la compagnie Designer Labels, dont il est le promoteur, est citée comme ayant bénéficié de 97 mètres carrés d’espace commercial à l’aéroport sans passer par des exercices d’appels d’offres.
« En ce qui concerne la compagnie Designer Labels Ltd, elle était déjà présente comme fournisseur à l’aéroport et cela depuis 2003, c’est-à-dire bien avant l’arrivée d’un gouvernement dirigé par le Dr Navin Ramgoolam », souligne le communiqué de presse, qui se fait un point d’honneur de confirmer que cette affaire avait été conclue à la veille des élections générales de 2005 sous l’ancien gouvernement MSM/MMM.
« Il serait utile de souligner que le 15 juin 2005, soit 18 jours avant les élections générales du 3 juillet 2005, AML accordait sans appel d’offres, à la compagnie Designer Labels Ltd un espace de 97 mètres carrés à l’aéroport. Designer Labels Ltd vendait des produits Hugo Boss, Ralph Lauren et Armani », ajoute le Prime Minister’s Office, poussant les observateurs à se poser des questions sur ce qui aurait pu se passer entre la fin de 2012 et maintenant dans les affaires de l’axe Gooljaury/Soornack.
Par contre, avec les seize paragraphes précédents du communiqué de presse, le Bureau du Premier ministre justifie avec force détails les contrats de restauration alloués à Airway Coffee, dont le promoteur n’est autre que Nandanee Soornack et ses proches sans, toutefois faire allusion à une condition d’un minimum de cinq ans d’expérience. Dans le temps, la presse avait relevé que la société sélectionnée arrivait difficilement à respecter cette condition vu que l’incorporation date de 2009.« Les faits vérifiables auprès de Airports of Mauritius Co Ltd (AML) démontrent clairement que les contrats pour la restauration ont été alloués suivant des procédures d’appel d’offres bien définies. Dans tous les cas, les contrats ont été adjugés aux meilleurs offrants », soutient le communiqué de presse en dressant la chronologie des événements :
mai 2009, appel d’offres d’AML « pour la gestion des restaurants afin de rehausser la qualité des services et maximiser les recettes de AML ». Aucune des sept offres reçues n’est retenue,
décembre 2009 : nouvel exercice avec sept offres reçues à la fin de janvier 2010, soit Airway Coffee Co Ltd, Flic en Flac Management Services Ltd, Island Famous Brands, Kissaten Co Ltd, Mungroo & Sons Ltd, Sen & Ken Ltd et Tropical Times Ltd.
Pour les restaurants à la salle de départ, quatre soumissionnaires sont considérés conformes aux conditions d’appel d’offres d’AML, comme suit :
Airway Coffee Co Ltd proposant 28 % de ses recettes annuelles ou un minimum mensuel garanti de Rs 1 million,
Island Famous Brands avec 8 % des recettes ou un minimum mensuel de Rs 250 000,
Mungroo & Sons Ltd avec 8,5 % de ses recettes annuelles, ou un minimum mensuel garanti de Rs 175 000,
Tropical Times Ltd avec 27 % de ses recettes annuelles ou un minimum mensuel garanti de Rs 600 000.
Le communiqué ajoute que « le conseil d’administration d’AML alloua le contrat à Airway Coffee Co Ltd, cette dernière ayant fait la meilleure offre ».
Trois offres furent retenues pour la gestion des restaurants externes et à l’arrivée, soit
Tropical Times Ltd avec l’offre d’un versement de 23 % de recettes annuelles ou d’un minimum mensuel de Rs 160 000,
Kissaten Co Ltd pour les deux restaurants au départ et à l’arrivée, avec 20 % des recettes annuelles ou un minimum mensuel de Rs 240 000,
Mungroo & Sons Ltd avec versement de 7 % de recettes annuelles et un minimum mensuel de Rs 100 000.
L’offre de Tropical Times avait été acceptée comme étant la meilleure offre. « Aujourd’hui, dans la nouvelle aérogare, il n’y a pas de restaurant ou de cafétéria à l’arrivée » concède le PMO, qui conclut que « suivant la mise en opération en septembre 2013 du nouveau terminal, toutes les compagnies opérant à septembre 2013 dans l’ancien terminal ont été transférées dans les nouvelles installations. » Avec pour conséquence que tout le secteur de la restauration à l’aéroport est sous le contrôle d’Airway Coffee.