La totalité des agences du Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport était engagée dans une importante simulation d’une catastrophe aérienne en début de soirée hier, à Plaisance, en vue d’une évaluation des procédures d’intervention en cas de crise. Selon un scénario travaillé depuis plus de trois mois, un B747-400, avion de la compagnie Omal Airways (voir plus loin), s’est écrasé en pleine piste deux minutes seulement après son décollage, avec 82 passagers et 10 membres d’équipage à son bord.
Le vol OMA 8969 devait en principe rejoindre l’Aden Demba International Airport au Cabon après avoir décollé de la piste à 18 h 18. Pour des raisons à être déterminées par des enquêtes qui seront initiées à plusieurs niveaux, le B747-400 devait s’écraser sur la piste 32. Alors que les premières épaisses fumées noires se dégageaient de cette piste, la tour de contrôle devait immédiatement déclencher le protocole « Full Emergency Notice » avec l’ouverture immédiate du centre d’opération d’urgence placé sous la responsabilité du Chief Executive Officer d’Airports of Mauritius, Serge Petit, qui était épaulé par les responsables des départements des Opérations et de la Sûreté.
La première des priorités des secouristes arrivés sur les lieux de cette catastrophe était de maîtriser le sinistre, alors que d’importantes flammes émanaient de l’appareil d’Omal Airways. Vu le danger que représente le carburant d’avion de type Jet A1, qui est hautement inflammable, pas moins de cinq camions de pompiers suréquipés ont été déployés, les soldats du feu utilisant de la mousse concentrée pour circonscrire l’incendie. Une fois cette première étape des opérations d’urgences franchie avec succès par les pompiers de l’Airport Rescue and Fire Fighting Services, assistés des membres de la Government Fire Services, la voie était dégagée en vue de permettre à une deuxième équipe de secouristes de faire le bilan et le triage des victimes du crash.
À ce moment des opérations, plusieurs autres unités d’intervention, dont la Police et les services de santé, ont pris le relai pour l’évacuation des blessés et des dépouilles des victimes. La Special Mobile Force était à pied d’oeuvre en sécurisant le périmètre et construisant un hôpital de fortune pour prodiguer les premiers soins aux blessés avant leur transfert de toute urgence par le SAMU au centre hospitalier de Rose-Belle. Le bilan disponible à 20 h 40 hier soir était de 54 morts et 32 blessés dont 16 dans un état critique. Les opérations de secours se sont achevées à 22 h 26, un peu plus de quatre heures donc après la catastrophe.
Cette opération d’envergure, conforme aux recommandations de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale, est une étape obligatoire pour le renouvellement de la licence d’opération de l’aéroport. Cet exercice de simulation, baptisé Fireball 2012, et qui était réalisé pour la septième fois, a nécessité plus de trois mois de préparatifs et a mobilisé environ 400 personnes hier.
Chez AML, l’on affiche la satisfaction quant au déroulement de l’opération. « L’objectif de cet exercice est de tester la coordination des services de l’aéroport et d’évaluer la communication de crise en cas d’urgence à l’aéroport international Sir Seewoosagur Ramgoolam. L’opération s’est déroulée dans de bonnes conditions. Il s’agit maintenant d’évaluer le rapport des observateurs qui sera finalisé dans les jours à venir. Une réunion est d’ailleurs prévue dans une semaine pour passer en revue les recommandations formulées », explique le directeur des Opérations.
Une trentaine d’observateurs de différents organismes dont des représentants des aéroports des Seychelles et de l’Afrique du Sud et des ambassades étrangères s’étaient rendus sur le site du crash hier pour suivre les opérations. Ils auront pour responsabilité de rédiger un rapport sur le déroulement de l’exercice afin de clairement identifier les lacunes au niveau des procédures telles que détaillées dans le plan d’urgence de l’aéroport.
Omal Airways, l’Aden Demba International Airport ou le Cabon sont bien sûr fictifs, ces noms ayant été créés pour les besoins de l’exercice.