L’un des plus importants chantiers, en terme d’envergure des travaux et de coûts, autour de Rs 13 milliards, soit le New Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport Terminal, amorce ces jours-ci la phase terminale de son décollage. En effet, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a confirmé officiellement que la mise en opération de ce qui est présenté comme un bijou sur le plan de l’infrastructure et de vitrine touristique et économique devra intervenir au cours de la première semaine de septembre. Des indications recueillies de sources autorisées confirment que la date d’inauguration du nouveau terminal du Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport a déjà été arrêtée officiellement et devra faire l’objet d’une annonce officielle dans les jours à venir. Elle pourrait avoir lieu à la fin de ce mois, soit le 30, détail sujet à confirmation.
Toutefois, du côté de l’Airport Terminal Operations Ltd (ATOL), le compte à rebours pour la mise en opération prochaine du nouveau terminal, projetant du même coup l’aéroport de Plaisance dans une ère moderne, a déjà été enclenché. Conscient de l’enjeu de cette phase critique, le Chief Executive Officer d’ATOL, Bruno Mazurkiewizc, souligne dans la dernière édition d’ATOL Newsletter que “ces mois de juin et de juillet ont été consacrés aux tests fonctionnels et opérationnels, lesquels se poursuivront durant le mois d’août avec le traitement des premiers vols tests en étroite coordination avec les compagnies aériennes et avec la pleine coopération de tous les acteurs aéroportuaires”.
Le calendrier établi par ATOL en collaboration avec les autorités prévoit qu’avec la cérémonie protocolaire d’inauguration présidée par le Premier ministre au cours de la dernière semaine du mois d’août, tous les opérateurs engagés à l’aéroport devront être fin prêts pour le basculement des activités vers le nouveau terminal probablement dans la nuit du mercredi 11 au jeudi 12 septembre pour atténuer les inconvénients des passagers au départ et à l’arrivée.
Officiellement, ATOL annonce que “le transfert des outils et des services directement liés aux opérations aéroportuaires (compagnies aériennes et Stakeholders gouvernementaux) sera exécuté en une nuit à partir de l’existant vers le nouveau terminal de façon à ce qu’il soit à cent pour cent prêt et fonctionnel le lendemain matin pour accueillir les premiers avions, les passagers et le public”.
Des recoupements d’informations effectués auprès des différents acteurs économiques et stratégiques à l’aéroport, il ressort que ce transfert d’opérations devra se faire en cinq heures, soit entre le dernier départ d’avion du mercredi 11 septembre et les premiers arrivées ou départ très tôt le matin du jeudi 12. Du côté d’Airports of Mauritius Ltd ou encore d’ATOL, aucune confirmation n’est disponible avant l’annonce officielle des jours à venir. Entre-temps, un Soft Opening est programmé le jeudi 15 août avec un vol d’Air Mauritius à destination de Rodrigues opéré à partir du nouveau terminal.
Un premier exercice de simulation
Depuis la livraison du chantier par les contracteurs chinois de la China State Construction Engineering Corporation (CSCEC) le 31 mai dernier, l’Operations Readiness Airport Transfer (ORAT) s’est assuré que l’aménagement du nouveau terminal avance à grands pas culminant avec un premier exercice de simulation de départ et d’arrivée d’avion grandeur nature. Cela s’est déroulé, mardi dernier, avec une centaine d’étudiants et des membres du personnel de l’Ecole Hôtelière Sir Gaëtan Duval transformés en passagers débarquant et embarquant au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport.
Ce test de mardi est considéré comme étant le plus crucial car tous les volets d’opérations aéroportuaires au service des passagers, allant du Check-In à la réception des bagages sur les six carousels de la salle de livraison de bagages en passant par les bornes d’enregistrement Self-Service reliées au réseau aéroportuaire, ont été mis à l’épreuve. Tous les yeux des responsables techniques d’ATOL étaient braqués sur la performance de l’ensemble des nouveaux Bagage Handling Systems (BHS), la véritable colonne vertébrale des équipements installés dans le nouveau terminal.
L’objectif est d’éviter la répétition de la mauvaise expérience qu’a connue l’aéroport international de Heathrow avec le dérèglement total des Bagage Handling Systems lors de la mise en opération du terminal IV. Navin Ramgoolam n’a pas manqué de faire état de cette hantise dans des échanges à l’Assemblée nationale récemment quand il a fait comprendre au député Rajesh Bhagwan que “we don’t want to repeat what happened at Heathrow because they made a mess of it. I understand that they are doing all these trainings”.
A la lumière de l’exercice de simulation de mardi, au départ et à l’arrivée, les responsables de l’ORAT ont passé en revue toutes les procédures et les installations mises en place en prévision de cette nouvelle page de l’histoire de l’aéroport. “Cet exercice a été une occasion pour les Stakeholders de se familiariser avec le nouvel outil de travail. Chez ATOL, nous en avons également profité pour pointer des ajustements possibles avant l’ouverture. Nous nous assurons que l’ensemble des Bagage Handling Systems mis en place répond aux normes requises en termes de sûreté et aussi de qualité de service aux passagers”, déclaré Jean-Louis Maurel, responsable de l’ORAT.
Fonctionnement à toute épreuve
Un des secteurs le plus sollicités à l’approche de l’ouverture du nouveau terminal demeure le département des TICs. Avec le nouveau terminal, offrant le double de la capacité comparativement à l’actuel, les besoins en services informatiques augmenteront de manière conséquente. La communauté des opérateurs aéroportuaires dépendra presque exclusivement sur le fonctionnement à toute épreuve des systèmes informatiques.
“Avant l’ouverture du nouveau terminal, le travail est colossal. La pression ne fera que s’accentuer durant plusieurs semaines encore, le temps que tous les systèmes se mettent en place et que les ajustements nécessaires soient réalisés”, fait comprendre Manjari Gungoosingh, manager d’ICT Services d’ATOL.
Pendant les mois de juin et de juillet, les techniciens et ingénieurs du département des TICs ont été sollicités pour des essais de fonctionnalité avec chacune des compagnies aériennes internationales représentées à Maurice, que ce soit pour l’impression des cartes d’embarquement aux différents comptoirs de Check-In, des interfaces avec d’autres systèmes, dont le Public Address System, les Bagage Handling Systems ou les Fire Alarm Systems et la connectivité aux réseaux internet.
Avec les travaux d’aménagements des bureaux des différents services dans le nouveau terminal bien avancés, le département des TIC est sur le pied d’alerte pour répondre aux exigences et trouver des solutions aux urgences qui pourraient surgir aux derniers moments. Au fur et à mesure que l’on se rapproche du jour J, les liens entre ce département et les autres services aéroportuaires se renforcent dans une complicité sans égal. “L’investissement en termes de temps et d’énergie est énorme. Mais je suis confiante qu’avec nos administrateurs de systèmes, la maîtrise de cette nouvelle infrastructure TIC-aéroportuaire sera chose faite”, déclare Manjari Gungoosingh dans la dernière édition de l’ATOL Newsletter.
Contrats avec les concessionnaires
Un autre volet des préoccupations de l’ORAT touche à l’organisation des activités des concessionnaires aéroportuaires, soit les boutiques hors taxes, les restaurants, les compagnies de location de voitures, les tours opérateurs, la gestion des parkings payants et également aussi la gestion des salons de l’aéroport, dont les 750 mètres carrés de salons VIP sur deux niveaux, tombant sous la responsabilité du Prime Minister’s Office (PMO).
“La gestion des contrats avec les concessionnaires est une priorité. Cela commence avec la mise en place des boutiques, mission qui se termine ces dernières semaines avec la finalisation des derniers travaux de mise en place”, fait-on comprendre à ATOL. Pour sa part, Jean-Philippe Percheron, le Retail Operations Manager, s’appesantit sur le fait que “nous travaillons en partenariat avec les concessionnaires afin qu’ils appliquent ce qui a été agréé dans leurs contrats et mettent en oeuvre l’offre commerciale déterminée en amont par ATOL. Ainsi, nous comptons atteindre un double objectif, soit d’atténuer le stress lié avec le voyage et contribuer de manière significative aux revenus non-aéronautiques. L’ambition est d’offrir un service irréprochable à tous les usagers passant par le terminal, qu’ils soient passagers ou accompagnateurs”.
En prélude à la nuit du 11 au 12 septembre prochain, l’une des premières entités à aménager au niveau 2 du nouveau terminal est ATOL avec l’installation terminée depuis le 20 juillet. Les travaux dans le Centre de Contrôle des Opérations comprenant cinq postes de la sécurité, des Fire Alarm Systems, du Building Management System, des opérations et de l’IT ont aussi été gérés par ATOL.
Ensuite, ce sera au tour de la compagnie aérienne nationale, Air Mauritius, l’un des plus importants utilisateurs de l’infrastructure aéroportuaire d’emboîter le pas à ATOL, de même que les autres compagnies aériennes et concessionnaires.
“Cet exercice devra être complété au plus tard au cours de ce mois d’août dans une optique de familiarisation du personnel dans le nouvel espace de travail et que tout soit fin prêt pour l’ouverture”, indique ATOL. Dans cette perspective, les opérateurs retiennent deux dates majeures, soit la fin du mois pour la cérémonie inaugurale et la nuit du 11 au 12 septembre pour le basculement total vers le nouveau terminal.
Même s’il évite de dévoiler les dates de ces échéances cruciales, Romesh Bhoyroo, directeur des opérations d’ATOL, confirme que “l’un des plus grands challenges qui attend ATOL au mois de septembre est le déménagement en une nuit de toutes les opérations aéroportuaires à partir de l’existant vers le nouveau terminal de façon à ce qu’il soit fonctionnel dès le lendemain. Cette contrainte de temps est indispensable car aucun retour en arrière n’est envisageable”.
Etapes indispensables
Entre-temps, la série de test exécutés par l’équipe d’ORAT depuis la mi-juin ira s’accélérant jusqu’à la fin de ce mois. Ces exercices fonctionnels et opérationnels sont considérés comme des étapes indispensables sur la voie de l’ouverture du terminal. “Les tests opérationnels mettent en situation réelle une série d’équipements techniques et de scénarii dans le butv de valider la procédure du manuel opérationnel. Ving-neuf tests sont organisés avec la collaboration des différents acteurs concernés, visant à énumérer les moyens à mettre à l’épreuve chaque procédure et installation avant l’ouverture”, soutient Jean-Louis Maurel.
Chez ATOL, depuis ces trois dernières années, l’aventure du nouveau terminal à Plaisance prenait forme graduellement et aujourd’hui à la veille de l’ouverture, Bruno Mazurkiewicz consigne la contribution de tout un chacun dans la réalisation de ce projet. “Nous abordons un moment capital dans la vie de notre entreprise et c’est l’occasion pour nous de saluer le travail et les efforts fournis par chacun de nos membres… La réussite de ce projet découle de la synergie des partenaires qui ont travaillé dur au cours de ces trois dernières années. Nous devons être fiers de ce nouveau terminal prometteur pour l’avenir et ce dès son ouverture prochaine”, conclut-il en guise de “dernière ligne droite avant la mise en opération”.