Depuis son retour en 2006, à la suite d’une demande du gouvernement mauricien, l’Agence française de développement a engagé 500 millions d’euros pour accompagner Maurice dans son programme de développement économique avec 300 millions d’euros portant sur des projets en phase avec le concept Maurice Île Durable. C’est ce qui ressort d’une conférence de presse animée conjointement par Laurence Breton-Moyet (directrice de l’AFD) et Yves-Alain Corporeau (conseiller culturel auprès de l’ambassade de France à Maurice) à l’Institut français de Maurice à Rose-Hill hier dans le cadre de la célébration des 70 ans de l’AFD.
Laurence Breton-Moyet, directrice de l’Agence française de développement, rappelle que la coopération entre l’AFD – connue alors comme le bureau de la Caisse centrale de coopération économique – et Maurice date de 1975. Après avoir quitté Maurice en 1995, l’agence est revenue en 2006 à la demande du Premier ministre Navin Ramgoolam. Objectif : accompagner Maurice dans sa « nouvelle phase de transition économique liée à la fin programmée des accords de préférence commerciale (sucre et textile) ».
Par conséquent, les domaines d’intervention de l’AFD ont évolué afin de mieux répondre aux défis actuels, laisse entendre Laurence Breton-Moyet. Outre le développement infrastructurel et la formation, les actions portent beaucoup sur le développement durable. L’AFD a développé « un volet d’appui à l’intégration régionale et aux secteurs privé et bancaire qui constituent des facteurs essentiels de la dynamique économique de Maurice ». La directrice de l’AFD note qu’une première ligne de crédit a été accordée à la Mauritius Commercial Bank et à la Banque des Mascareignes.
Répondant aux questions de la presse, Mme Breton-Moyet énumère quelques projets sur lesquels s’est engagée l’AFD, dont celui de l’exercice de démocratie participative organisée par le bureau du Premier ministre et le ministère de l’Environnement dans le cadre du processus conduisant à la construction du projet de société Maurice Île Durable, qui a eu lieu en juin et juillet 2011. L’exercice a été soutenu par Ghislain Gomart, expert français dont la venue a été financée par l’AFD et le gouvernement français.
Il faut savoir que dans le cadre de cet exercice, 300 personnes de l’administration du secteur privé ou de la société civile ont été sélectionnées pour leur expertise et ont travaillé autour des 5 E, à savoir l’Énergie, l’environnement, l’emploi, l’éducation et l’équité. Des débats publics ont suivi et ces données et propositions concrètes seront prochainement consolidées « avec l’appui d’experts internationaux pour aboutir à une stratégie et à un plan d’action Maurice Île Durable ».
À souligner que dans le cadre des activités des 70 ans de l’AFD, de diffusion d’interviews des participants aux ateliers de travail du projet MID est prévue.
Réseaux de compétence
La directrice de l’AFD a aussi parlé de l’engagement de l’AFD dans le programme de réhabilitation d’un certain nombre de bâtiments publics après un audit énergétique et la maîtrise de la demande en énergie, de réalisation de cartographie pour le gisement d’efficacité énergétique, la construction d’une station d’épuration à Grand-Baie, la construction de la route Terre-Rouge / Verdun. Cette route devrait permettre le décongestionnement vers la capitale. Selon Laurence Breton-Moyet, un projet écologique est plus économique.
L’intervenante met aussi l’accent sur la coopération régionale dans le cadre des actions de l’AFD à Maurice. Selon Laurence Breton-Moyet, il convient de gérer et prévoir des risques de catastrophes naturelles. Le nombre de catastrophes naturelles en elles-mêmes n’ont pas amplifié, fait-elle ressortir, mais les conséquences sur les pays ont considérablement augmenté. Elle indique que le programme vise à partager des expériences, à voir des cartographies et comment optimiser les ressources. Par exemple, dit-elle, en ce qui concerne la problématique de développement durable, il y a un rapprochement entre Maurice et La Réunion. « On travaille avec des réseaux de compétences », souligne la directrice de l’AFD.
L’AFD est présente dans une soixantaine de pays avec « des mandats diversifiés de lutte contre la pauvreté, d’appui à la croissance économique et de protection des biens publics mondiaux ». Les actions diffèrent selon le développement du pays mais aussi en fonction de son caractère, qu’il soit insulaire ou continental. « On fait travailler Maurice avec des pays insulaires, par exemple, en termes de gestion des océans ou de la biodiversité ». Et de citer un partenariat Pacifique-océan Indien-Caraïbes.
Dans le cadre des 70 ans de l’AFD, une exposition itinérante (de photographes mauriciens et étrangers notamment de Magnum Photo) est prévue de mars à avril. Le but : amener les gens à réfléchir sur la notion de développement d’un avenir durable. Une conférence intitulée « De quelle île Maurice rêve-t-on pour demain ?  » est aussi programmée pour le 8 mars à l’IFM avec la participation de Michael Atchia, « spécialiste de l’éducation à l’environnement, de la planification et du développement des systèmes éducatifs et plus généralement du développement durable », Georges Chung Tick Kan, professeur d’économie à l’Université de Maurice et Khalil Elahee, président du groupe consultatif MID consacré à l’énergie.