Roberto Lotoah est poursuivi pour viol et « attempt to murder with premeditation » sur la personne d’Anita Jolita en 2005. Il a comparu hier devant la Cour d’assises sous la présidence de la juge Saheeda Peeroo. Huit témoins ont été entendus. Me Mannish Ajoodah représente les intérêts du prévenu alors que Me Moun Seetaram paraît pour le ministère public.
Anita Jolita était âgée de deux ans et demi au moment des faits qui remontent à juillet 2005. Le meurtre de la fillette avait défrayé la chronique. Jean Mervin Roberto Lotoah, alors âgé de 19 ans, était accusé l’année dernière sous les charges de viol, complot, tentative de meurtre et dissimulation de cadavre. Il avait alors plaidé non coupable devant la juge Premila Balgobin. Il est défendu dans cette affaire par Me Mannish Ajodha.
Le directeur des poursuites publiques a ramené les quatre charges contre le prévenu à deux. Roberto Lotoah est maintenant accusé de viol sous l’article 249 (1) du Code pénal et de tentative de meurtre avec préméditation sous les articles 216, 217 et 222 (1) (b) du Code criminel et sous les articles 2 et 45 de l’Interpretation and General Clauses Act. La poursuite est représentée par Mes Moun Seetaram et Vinod Rammaya. Un jury composé de neuf membres tranchera sur le sort du prévenu en délibéré.
Dimanche 3 juillet 2005. Anita Jolita est portée marquante. Sa mère fait une déposition au poste de police de Mahébourg. Deux jours plus tard, le corps de la petite fille est retrouvé dans un sac en plastique par un garde-côte dans le lagon de Mahébourg. L’ancien Chief Medical Officer de la police, le Dr Satish Boolell, remet en question la thèse de noyade après l’examen post mortem. Le médecin légiste soutient qu’Anita Jolita est morte d’une exsanguination après que la jeune victime a été violée et sodomisée par ses agresseurs. Il précise qu’elle a aussi reçu plusieurs coups violents à la tête et au visage, provoquant un traumatisme crânien.
Lundi 4 octobre 2010. Ludovic Prodigue, l’autre accusé dans cette affaire, écope de 26 ans de servitude pénale par la juge Premila Balgobin. Me Imtheaz Mamoojee, son homme de loi, demande un separate trial, son client ayant plaidé coupable alors que Roberto Lotoah nie toujours son implication dans cette affaire. Prodigue, qui était âgé d’à peine 14 ans au moment des faits, souligne qu’il a été influencé par Lotoah.
L’avocat de Ludovic Prodigue souligne lors des plaidoiries que son client est  issu d’une famille déchirée et que sa seule éducation venait de la rue. Mais la juge Premila Balgobin a statué que l’accusé, malgré son jeune âge, était parfaitement conscient de ses actes. Elle a qualifié le crime d’« atroce ».
Huit témoins ont été entendus hier et le procès se poursuit aujourd’hui.