Les détenteurs du plan Super Cash Back Gold (SCBG) et de Bramer Asset Management (BAM) ont commencé à recevoir leur remboursement à partir du 1er septembre. La National Property Fund Limited (NPFL) qui s’occupe de ce paiement a déjà décaissé plus de Rs 5 milliards en ce sens. Si 90 % des clients ont accepté le mode de remboursement du gouvernement, certains envisagent de poursuivre l’État très bientôt.
« Nous avons payé à ce jour plus de 90 % de clients en une seule tranche. Ils sont plus de 93 % qui ont soumis leurs dossiers et les 7 % qui restent ont jusqu’au 29 septembre pour déposer tous leurs documents », a déclaré un responsable de NPFL au Mauricien. Selon notre source, certains clients sont à l’étranger et sont attendus d’ici peu. Au total, ils sont 5 355 clients qui sont essentiellement les détenteurs de police d’assurance individuels ou des investisseurs. S’agissant des 132 Sociétés Coopératives, Employees Funds, entre autres, la date pour la soumission de tous les documents a été étendue au 29 septembre.
A la Vidur Cooperative Society, à Belle-Vue-Maurel, les membres, principalement des personnes âgées, gardent espoir de récupérer la totalité ou une partie de leur investissement dépendant du montant. « Nous avons soumis tous nos documents à la NPFL depuis deux semaines pour nos 1 278 clients. Ils sont impatients de recevoir leur argent », dit Sreekeesoon Gobin, secrétaire général de la société coopérative. Il ajoute avoir rencontré les clients qui ont fait part de leur angoisse quant au montant qui est déduit de leur somme investie dans les plans SCBG et BAM. « Ce sont des personnes qui ont travaillé toute leur vie dans les champs de canne ou ont élevé des animaux. Ils sont tristes de ne pas pouvoir récupérer tout leur montant investi », dit-il. Sreekeesoon Gobin dit garder espoir que tous les membres de la société coopérative soient payés, selon l’engagement de la NPFL. Par ailleurs, il ne veut pas s’aventurer à investir dans d’autres fonds d’investissement rapidement. « Nous n’allons pas investir tout de suite mais nous nous concerterons pour savoir où nous placerons notre argent ». Pour lui, SCBG et BAM n’ont pas failli à leur responsabilité en ce qu’il s’agit de payer les clients. Sreekeesoon Gobin dit ne pas savoir qui blâmer après le démantèlement du groupe mais préfère être plus prudent pour les prochains investissements de la société.
Rishi Ramdoo, l’un des clients qui a investi dans le plan SBCG et BAM, a reçu une partie de toutes ses économies. « J’avais perdu tout espoir de pouvoir récupérer une partie de mon argent. Mais je ne suis pas satisfait car j’avais investi tout ce que j’ai amassé tout au long de ma carrière », dit-il au Mauricien. Il dit avoir perdu 40 % du montant investi et se retrouve aujourd’hui à changer complètement de mode de vie. Selon lui, la façon dont le groupe BAI a été démantelé est au détriment des clients du SCBG et de BAM. Rishi Ramdoo souligne avoir choisi d’investir son argent dans les deux plans car la BAI était régie par les institutions légales. « Je n’aurais jamais investi mon argent dans ces plans si je savais qu’ils allaient disparaître. » Ayant désormais un nouveau mode de vie, Rishi Ramdoo ne compte pas baisser les bras et veut obtenir tout ce qu’il a investi. Il compte rencontrer un homme de loi pour décider de la marche à suivre, et attend le soutien des autres clients comme lui avant d’entamer sa première action.
Le travailleur social Salim Muthy regrette que le gouvernement ait décidé de déduire un pourcentage conséquent des investissements de ces clients. Selon lui, des avocats français étaient intéressés à défendre les clients mais réclamaient un paiement de Rs 50 millions. Cette somme, qualifiée d’exorbitante par Salim Muthy, l’a forcé à faire marche arrière car les clients ne voudraient pas dépenser l’argent qu’ils ont reçu avec tant de peine. « Je ne peux pas prendre la responsabilité de les faire venir à Maurice pour que lorsqu’il faudra les payer, la plupart des clients me tournent le dos », dit-il. Le travailleur social ajoute avoir discuté avec ces avocats qui disent suivre l’affaire BAI depuis le départ. Il fait ressortir que ces derniers ont eu du succès en Afrique après avoir travaillé sur un cas similaire. Mais Salim Muthy ne veut pas arrêter le combat des clients. « Nous continuerons notre lutte avec les partis politiques pour que tous les détenteurs de police d’assurance individuels ou investisseurs reçoivent la totalité de leur argent investi », dit-il. Il donnera son mot d’ordre aux clients d’ici deux semaines. Une poursuite contre l’État n’est pas à écarter. D’autre part, Salim Muthy craint que la baisse du Repo Rate à 3,5 % ne favorise la création de systèmes de Ponzi car les gens hésiteront à mettre leurs économies dans les banques.
Une somme de Rs 6,4 milliards a été reçue à travers des emprunts du NPFL auprès de diverses institutions bancaires, pour le paiement des clients. Les paiements se font par transfert bancaire.