Les Special Administrators de BAI Co (Mtius) Ltd and Related Entities, Mushtaq Oosman et Yogesh Sangeet, ont imposé un premier ultimatum sous la première étape du programme de recouvrement de Rs 1,7 milliard sur les Rs 6 milliards identifiés. La cible n’est nulle autre que deux des filles du Chairman Emeritus de la BAI, Dawood Rawat, bien protégé à Paris avec son passeport français, Adeela Rawat Feistritzer et Laina Rawat. Ces dernières de même qu’Ahmad Rawat font face à ultimatum de sept jours pour effectuer le remboursement de Rs 411 millions, au cas contraire, ils perdront à la barre les appartements de luxe de Diplomat Garden à Floréal.
En fin de semaine, le gouverneur de la Banque de Maurice, Ramesh Basant Roi, devra se retrouver avec un Very Hot Potato entre ses mains. En effet, les Forensic Auditors de nTan Associate Advisory Pte de Singapour envisagent de soumettre les premiers Findings de leur exercice d’Auditing à la Banque Centrale en vue de confirmer l’élément de Ponzi dans la BAI Mega Financial Scam et de déterminer les Ultimate beneficiairies de ces détournements de fonds.
Dans l’immédiat, les yeux sont tournés sur le dernier move en date des Special Administrators de BAI Co (Mtius) Ltd avec des réclamations en bonne et due forme servies formellement à Adeela Rawat-Feistritzer, Claudio Feistritzer, Laina Rawat et Ahmad Rawat pour le remboursement d’une somme globale de Rs 411 millions. Le montant de ces réclamations représente les Amounts pledged par les membres du clan Rawat pour prendre possession des flats de luxe de Diplomat Garden, dont la construction a été financée à partir des fonds puisés des contributions des détenteurs de polices d’assurance de la BAI.
Au cas où après le délai de sept jours aucun remboursement n’a été enregistré, les procédures de Repossession of property seront engagées devant les instances appropriées en Cour suprême. La saisie de propriétés immobilières portera sur 16 appartements dans le complexe Diplomat Garden et dix-sept emplacements de parking attribués aux propriétaires désignés, soir des sociétés avec comme membres des proches de la famille de Dawood Rawat.
Ces appartements ont été Pledged pour des montants variant entre 41,6 millions chacun pour huit des unités et Rs 417 584 chacun des 17 parkings. En recevant ces réclamations des conseils légaux des Special Administrators, les soeurs Rawat sont acculées dans une situation d’échec et mat car depuis le 18 avril dernier, leurs avoirs et comptes bancaires sont gelés suite à une motion logée par le Directeur des Poursuites Publiques, Satyajit Boolell, au nom de l’Assets Recovery Unit.
De ce fait, il existe très peu de chances que la Seven Millions Dollar Woman et sa soeur puissent disposer de ce montant de Rs 411 millions pour honorer ces engagements auprès des Special Administrators. Dans le cas extrême où des bienfaiteurs arrivent à se manifester pour sauver le clan Rawat d’une vente à la barre, il faudra s’attendre à une riposte instantanée de la Mauritius Revenue Authority (MRS) et de la Financial Intelligence Unit (FIU) pour des enquêtes sur des Sources of funds.
Demande de révocation
La situation est encore plus compliquée pour les Rawat car les procédures logées en Cour suprême pour la révocation du Freezing order sur les comptes bancaires semblent durer plus longtemps que prévu. Pas plus tard qu’hier, Adeela Rawat Feistritzer et son époux Claudio Feistritzer étaient en Cour suprême à la reprise de leur demande de révocation du gel des avoirs. L’affaire a été de nouveau renvoyée au 13 juillet, soit à la limite des sept jours pour le remboursement de Rs 411 millions en vue d’éviter l’affront d’une vente à la Barre pour non-paiement d’emprunts.
La fin de la semaine pourrait marquer une nouvelle étape dans l’enquête sur la BAI Mega Financial Scam avec l’écroulement de l’empire Rawat il y a un peu plus de trois mois déjà. Les experts de nTan Corporate Advisory Pte Ltd de Singapour s’apprêtent à partager avec la direction générale de la Banque de Maurice les premiers Findings, qui serviront de Documentary evidence dans des enquêtes au criminel à venir avec des bénéficiaires des fonds détournés entrant en scène.
Mais ce nouveau volet dépendra dans une grande mesure des directives portant le sceau du gouverneur de la Banque de Maurice vu que cette enquête sur le scandale BAI a été commanditée sous les dispositions de la Banking Act avec la Banque Central faisant usage des pouvoirs et prérogatives sous la Bank of Mauritius Act. L’Independent Commission Against Corruption (ICAC) pourrait être appelée à assumer un rôle de premier plan dans ces enquêtes car le délit relèverait des dispositions de la Financial Intelligence and Anti-Money Laundering Act (FIAMLA), en l’occurrence de Money Laundering.
Repreneurs
Entre-temps, les Special Administrators mettent les bouchées doubles pour compléter le choix des repreneurs pour deux des trois entités de BAI, soit Courts et la clinique Apollo-Bramwell alors que le dossier d’Iframac s’avère un peu plus délicat. Des sources bien renseignées avancent que le choix officiel de la reprise de Courts et d’Apollo-Bramwell pourrait intervenir au pus tôt dans les prochaines 24 heures alors que d’autres préfèrent miser sur la fin de la semaine « to be on the safe side ».
Alors que les investissements de la BAI Co (Mtius) Ltd sont encore intacts au Kenya avec le warehousing de Britam Ltd dans le sillage d’une ligne de crédits de Rs 4 milliards accordés par la Banque de Maurice, des changements sont intervenus au Botswana. La Bramer Life Botswana, une compagnie d’assurances lancée en juin 2014 avec une participation à hauteur de 80 % de la British American Investment Corporation, avait été placée sous administration par la Non-Banking Financial Institutions Regulatory Authority du Botswana avec le Ponzi Scheme de la BAI à Maurice.
En fin de semaine dernière, la presse du Botswana rapportait des changements au sein de l’actionnariat de Bramer Life Botswana en faisant état d’une déclaration officielle du Statutory Manager, Nigel Dixon-Warren de KPMG. « The company has undertaken a change in its shareholding and since the turmoil that ensured with BAI in Mauritius, we have been in negotiations with the Mauritian company and new investors », a-t-il fait ressortir en révélant que les nouveaux actionnaires de Bramer Life sont Botswana Opportunity Partnership (BOP), en partenariat avec le Botswana Public Officers Pension Fund (BPOPF) et le Capital Management Botswana (ex-Botswana Insurance Fund). « The new shareholding is such that 82.5 per cent is citizen shareholders and 17.5 per cent is non-citizens », a-t-il ajouté.
Toujours en ce qui concerne les avoirs de la BAI à l’étranger, la GlobalCapital Plc, avec une participation majoritaire de Dawood Rawat conjointement avec Yukondale Ltd, fait toujours l’objet d’une suspension de cours à la Bourse de Malte sur décision de la Malta Financial Services Authority. La cotation de GlobalCapital a été suspendue à Malte depuis le 17 avril dernier suite à une démarche initiée par les Special Administrators de BAI Co (Mtius) Ltd.