L’ancien Chairman de la Mauritius Ports Authority (MPA), Siddick Chady, et l’ex-directeur général de cet organisme, Prakash Maunthrooa, ont comparu en Cour intermédiaire hier dans le cadre du procès qui leur est intenté, respectivement pour corruption et entente délictueuse. Alors que les deux témoins néerlandais ont fait part de leur décision de ne pas venir à Maurice, seul Vyas Rughoonauth, l’ancien secrétaire du conseil d’administration de la MPA, a été appelé comme témoin.
Les deux Néerlandais, Jan Cornelius Haak et Antonius Theodorus Johannes De Goede, assignés à comparaître en Cour intermédiaire dans le cadre du procès intenté à Siddick Chady et Prakash Maunthrooa, ne viendront pas à Maurice pour donner leur version des faits. Dans ce cas, les “watching briefs” de ces témoins étrangers à Maurice – dont Me Ivan Collendavelloo (SC), Mes Sanjeev Ghurburrun et Sailesh Seebaruth – se sont désistés hier. Me Rashid Ahmine, Senior Assistant Director of Public Prosecutions (DPP) a quant à lui indiqué que les Néerlandais étaient toujours sur la liste des témoins et que le DPP n’avait pas encore pris de décision les concernant.
Par ailleurs, les auditions d’hier ont été marquées par le témoignage du directeur des services administratifs de la MPA Vyas Rughoonauth, qui était secrétaire du conseil d’administration de cet organisme à l’époque des négociations visant à trouver un entrepreneur pour les travaux de dragage du port. Ce dernier devait présenter les divers procès-verbaux des réunions entre les cadres de la MPA et les représentants de la firme néerlandaise Boskalis. Le témoin devait déclarer que les cadres de la MPA avaient voté à l’unanimité pour que ce projet de dragage soit réalisé au plus vite afin d’agrandir le port et, ainsi, attirer davantage de bateaux. Après un exercice d’appel d’offres, le contrat avait été alloué à la firme néerlandaise Boskalis, suivant la décision du défunt Central Tender Board (CTB). Le témoin devait affirmer que toutes les mesures légales au niveau de l’allocation du contrat avaient été prises « dans la transparence ». Les réunions étaient effectuées avec les cadres de la MPA, des représentants de la firme néerlandaise Boskalis et des représentants de la firme indienne Consulting Engineering Services PVT Ltd. Il a indiqué que Siddick Chady et Prakash Maunthrooa n’avaient pas pris part à ces réunions. Le procès a été ajourné au 9 octobre.
Pour rappel, Siddick Chady, ancien président de la MPA, est poursuivi sous l’article 7 (1) de la Prevention Of Corruption Act (POCA), qui traite du délit de « public official using his office for gratification ». Il lui est reproché d’avoir versé des pots-de-vin à plusieurs compagnies étrangères, dont la firme néerlandaise Boskalis, après que cette société ait obtenu un contrat de dragage du Canal Anglais dans le port en 2006. Siddick Chady est représenté par Me Said Toorbuth.
Prakash Maunthrooa, ancien directeur général de la MPA, est pour sa part accusé de complicité dans cette affaire. Il lui est reproché d’avoir organisé une rencontre entre Siddick Chady et un représentant de la firme néerlandaise pour obtenir le contrat. Les faits se seraient produits entre le 1er août 2006 et le 12 avril 2007.