Alors que le témoignage du témoin néerlandais Antonius de Goede était prévu hier, de nouveaux développements ont chamboulé la séance dans le procès intenté à Siddick Chady et Prakash Maunthrooa pour corruption et entente délictueuse respectivement dans l’affaire Boskalis. Me Rashid Ahmine, adjoint au DPP, a en effet déclaré que la cour de Rotterdam « ne compte plus collaborer avec la justice mauricienne » pour la visioconférence des témoins néerlandais, mettant cela sur le compte d’un calendrier trop chargé. Une décision qui remet en question les preuves déjà recueillies avec le témoin de Goede.
Le contre-interrogatoire du témoin Antonius Theodorus Johannes Wilhelmus de Goede, Senior Entreprise Architect de la firme Boskalis International BV, était prévu pour 15h hier après-midi et il avait été convenu que la séance dure 4 heures. Toutefois, vers 14h, les avocats du parquet étaient déjà sur place pour informer la cour des nouveaux développements dans ce procès. Me Rashid Ahmine, adjoint au DPP, lors de la reprise des travaux en Cour intermédiaire, est ainsi venu déclarer que la cour de Rotterdam ne souhaitait plus collaborer avec la justice mauricienne pour le témoignage via visioconférence des témoins néerlandais, avec pour conséquence que leur témoignage ne se poursuivra pas. « The district magistrate of the Rotterdam court has stated that this is putting a disproportionate stress on the workload of the court », a-t-il ainsi fait comprendre.
Me Saïd Toorbuth, avocat de Siddick Chady, a demandé à la poursuite de revoir sa décision de poursuivre les deux prévenus, ce à quoi Me Ahmine a répondu que le procès se poursuivra avec l’audition d’autres témoins. Me Siddartha Hawaldar, avocat de Prakash Maunthrooa, a, lui, insisté pour que « le témoignage du témoin de Goede soit enlevé du procès-verbal » et que « tous les documents qu’il a fait produire soient exclus du dossier ». La magistrate Wendy Rangan se prononcera sur la suite du procès le 13 décembre.
Prakash Maunthrooa est accusé de complicité dans cette affaire. Il lui est reproché d’avoir organisé une rencontre entre Siddick Chady et un représentant de la firme hollandaise, Pieter Boer, pour l’obtention d’un contrat par la compagnie, entre le 1er août 2006 et le 12 avril 2007, pour le dragage du Canal Anglais dans le port. Il est défendu par Mes Antoine Domingue, SC, Siddartha Hawaldar, Nadeem Aullybocus, Yash Badhain et Rama Valayden.
Siddick Chady est quant à lui accusé d’avoir perçu des pots-de-vin à hauteur de Rs 3 M de la firme hollandaise Boskalis International B.V. après que celle-ci a obtenu le contrat en 2006. Il est défendu par Mes Saïd Toorbuth et Siven Tirvassen.