Les débats sur l’arrêt du procès logé par Me Saïd Toorbuth, l’avocat de Siddick Chady, ont débuté hier en Cour intermédiaire. Si l’homme de loi a évoqué « un certain nombre d’irrégularités accumulées et imputées à la poursuite », Me Rashid Ahmine, qui représente la poursuite, a soutenu que l’avocat de Chady « abuse du temps et de la patience de la cour en présentant plusieurs points de droit qu’il a déjà pris lors de motions précédentes et qui ont été rejetés ».
Me Toorbuth a signifié sa demande pour l’arrêt du procès en indiquant que plus de six ans après, « l’affaire traîne toujours ». Il évoque par ailleurs le fait que son client a été arrêté en 2008, et ce en marge des enquêtes menées par l’Independent Commission against Corruption (ICAC). Selon lui, ce laps de temps justifierait l’arrêt du procès. Me Toorbuth devait de plus soutenir que les deux témoins néerlandais, Jan Cornelius Haak et Antonius Theodorus Johannes Wilhelmus De Goede, ont commis « un outrage à la cour » car ils ne sont pas venus témoigner à la date prescrite. Selon lui, ils n’ont pas respecté une des conditions leur garantissant l’immunité dans cette affaire.
Me Ahmine, de la poursuite, a quant à lui soutenu que l’avocat de Siddick Chady « abuse du temps et de la patience de la cour en présentant plusieurs points de droit qu’il a déjà pris lors de motions précédentes et qui ont été rejetés par la cour ». Concernant le témoignage des témoins néerlandais, Me Ahmine a affirmé que dû au calendrier du tribunal de Rotterdam, les dates initiales avancées « ne leur étaient pas convenables ». Me Ahmine a ainsi expliqué que le tribunal de Rotterdam a suggéré deux autres dates pour les auditions par visioconférence, soit le 22 juin et le 8 juillet. Après les débats, la magistrate Wendy Rangan a annoncé qu’elle rendra sa décision le 1er juillet, ce qui implique que les témoins néerlandais ne seront de fait pas entendus avant le 8 juillet.
Pour sa part, l’ancien directeur général de la MPA, Prakash Maunthrooa, poursuivi aux côtés de Siddick Chady pour entente délictueuse dans l’affaire Boskalis, a, lui, logé une motion en Cour suprême. Par le biais de ses hommes de loi – Mes Antoine Domingue, Yash Badhain et Preetam Chuttoo –, il demande un ordre visant à suspendre temporairement le procès. Il a de plus demandé que la cour décrète que les témoins néerlandais ne sont pas habilités à être entendus par visioconférence. Il réclame aussi que la cour décrète que la magistrate Rangan a commis une « irrégularité » en ajournant le procès pour les auditions des témoins néerlandais une nouvelle fois alors qu’elle avait pris la décision auparavant de ne plus accorder de renvoi. La motion de Prakash Maunthrooa sera entendue le 15 juin devant le chef juge Keshoe Parsad Matadeen. Entre-temps, Prakash Maunthrooa a été autorisé à voyager en Grande-Bretagne du 18 au 30 juin. Il a fourni une garantie bancaire de Rs 50 000 à cet effet.