Siddick Chady (Photo d'archives)

Le réquisitoire de Me Rashid Ahmine de la poursuite a pris fin hier en Cour intermédiaire, et c’est au tour de Me Saïd Toorbuth, avocat de Siddick Chady, de passer à l’offensive pour convaincre la Cour intermédiaire d’abandonner les accusations contre Siddick Chady. Me Saïd Toorbuth avance que l’arrestation de Siddick Chady et les poursuites à son égard « sont truffées d’irrégularités » et parle aussi d’un « simulacre de procès », soit celui intenté à Boskalis International Bv et Baggermaatschappij en 2013.

Me Saïd Toorbuth n’a pas tardé à démontrer les nombreuses « irrégularités » qu’il y aurait eu entourant l’interpellation de Siddick Chady, lorsqu’il a entamé sa plaidoirie en Cour intermédiaire dans le cadre de l’affaire Boskalis. Pour lui, « la CID s’est embarquée dans une “fishing expedition” sur un territoire étranger et a mené une enquête sans étudier le dossier de l’ICAC ». Il poursuit : « La CID a agi en violation des règlements de police et du Judges Rule, et le DPP, à l’encontre de la Constitution. »

Me Said Toorbuth de revenir par la suite sur l’immunité accordée à certaines personnes pour des témoignages à charge contre Siddick Chady. « Des immunités ont été négociées avec certaines personnes pour venir témoigner et nous ne connaissons pas les termes de ces arrangements », dit-il.

Par ailleurs, Me Toorbuth d’avancer que Siddick Chady « est passé par une “character assassination” et un “trial by the press” pendant 11 ans ». Et d’ajouter qu’il « n’y a pas de preuves reliant Siddick Chady aux délits qui lui sont reprochés dans ce procès ». Il avance ainsi qu’il n’y avait « aucune substance » dans les recommandations de l’ICAC pour poursuivre Siddick Chady et qu’en cas contraire « il aurait déjà été poursuivi depuis 2008 ».

L’avocat de Siddick Chady devait aussi faire part des « déclarations incorrectes » de la poursuite dans le réquisitoire, avançant notamment que Siddick Chady ne devait pas de l’argent à des compagnies étrangères ou encore qu’il n’a jamais indiqué qu’il ne répondrait à aucune question de la police lors de son interrogatoire. Pour Me Saïd Toorbuth « si on enlève le témoignage de Gilbert Philippe, Basheer Nazeer et Raymond Lagesse, il n’y a aucune accusation contre Siddick Chady ».

Me Toorbuth de rappeler que ces témoins ne peuvent être pris comme des témoins fiables, « ayant eu à plusieurs reprises à rafraîchir leur mémoire, car des fois leurs témoignages en cour différaient ». L’homme de loi soutient de plus que l’élément de l’offense dont fait l’objet Siddick Chady n’a pas été prouvé, demandant ainsi la radiation des six charges retenues contre lui.

Revenant sur le procès intenté aux firmes Boskalis International BV et Baggermaatscchappij en 2013, Me Toorbuth considère ce procès comme « a sham trial », soit un « simulacre de procès ». Les compagnies, qui avaient plaidé coupables d’avoir offert un pot-de-vin à Siddick Chady, avaient été condamnées en septembre 2013 et devaient s’acquitter d’une amende de Rs 20 000 chacune pour entente délictueuse. Me Toorbuth avait dénoncé « la manière dont la poursuite avait institué ce procès contre les deux compagnies et celle dont elles ont plaidé coupables ». Me Toorbuth de s’interroger aussi sur les raisons « étranges » pour lesquelles les témoins De Goede et Haak ont obtenu l’immunité « alors qu’ils n’étaient pas concernés par ce délit ».

Par ailleurs, Me Rashid Ahmine avait, lui, avancé plus tôt, en clôture de son réquisitoire, qu’il faudrait accorder du crédit à la firme Boskalis « qui a coopéré avec la police et les autorités » et que « rien n’a été fabriqué ». Il a notamment soutenu que « c’est un cas où les accusés n’ont pas utilisé leurs comptes bancaires personnels », raison pour laquelle la défense arbore un point du fait qu’aucun paiement n’ait été reçu par Siddick Chady.