L’audition de Raymond Lagesse, l’agent exclusif de Boskalis à Maurice, s’est poursuivie hier en cour intermédiaire. Lors de cette séance, il était question des trois visites rendues par l’ancien Area Manager de Boskalis, Peter Boer et Raymond Lagesse, au domicile de Siddick Chady dans le cadre des travaux de dragage dans le port.
Raymond Lagesse, directeur de la compagnie Mechanical Transport Ltd, devait indiquer que lors des visites, l’ancien Area Manager de la firme hollandaise, Peter Boer et Prakash Maunthrooa, le deuxième accusé, étaient présents. Interrogé par Me Saïd Toorbuth, l’avocat de Siddick Chady, le témoin devait concéder qu’il n’avait pas évoqué ces visites au domicile de Siddick Chady effectuées en 2008 lors de son interrogatoire par les officiers de l’Independent Commission Against Corruption (ICAC). La raison serait qu’à l’époque, une clause de contrat avec Boskalis lui interdisait d’évoquer les affaires de la compagnie. De plus, il devait ajouter qu’il ne savait pas qu’à cette époque, Peter Boer avait remis de l’argent à Siddick Chady. Cependant, le témoin devait déclarer que lorsque son nom fut cité à l’Assemblée nationale sur des allégations de complot, il avait contacté son avocat afin de lui indiquer qu’il allait raconter sa version de l’histoire à la police. Le témoin étant pris à Dubaï, il s’était arrangé avec son avocat pour que la police mauricienne vienne l’interroger à Dubaï, où il avait loué une salle à cet effet pour un interrogatoire de deux jours.
Concernant les trois visites à la résidence de l’ancien Chairman de la Mauritius Ports Authority, Raymond Lagesse devait affirmer que les discussions tournaient autour de « retard dans le paiement de la part de la MPA à Boskalis » et « des protestations des pêcheurs contre un passage qui a été bloqué en raison des travaux ».
En ce qui concerne les deux témoins néerlandais attendus à Maurice, Jan Cornelius Haak et Antonius Theodorus Johannes Wilhelmus De Goede, Me Sanjeev Ghurburrun a confirmé qu’il annoncera sa décision mercredi. Pour rappel, les deux témoins néerlandais étaient venus à Maurice une première fois en 2013 mais en raison d’une motion logée par les avocats de la défense, Mes Saïd Toorbuth et Roshi Badhain, leur audition avait été reportée. Après quelques démêlés avec la police mauricienne alors qu’il n’y avait aucune objection à ce qu’ils quittent le pays, ils disent maintenant craindre pour leur sécurité à Maurice.