Parmi, un document rejeté par la cour sur objection de la défense le considérant incomplet et portant uniquement comme signataire le nom « Prakash »

Le procès intenté à Siddick Chady et Prakash Maunthrooa pour corruption et entente délictueuse respectivement dans l’affaire Boskalis a repris hier avec l’audition via visioconférence de Jan Cornelius Haak, juriste de profession et employé de la firme Boskalis International BV. Ce dernier devait être confronté à de nombreux documents, dont des bank statements qui montrent des paiements effectués par Boskalis à des compagnies. Par ailleurs, l’interprète assigné par la Cour intermédiaire a dû être remercié en raison d’incompréhensions avec la cour de Rotterdam dans la manière dont il s’exprimait en néerlandais.

Le témoignage via visioconférence du néerlandais Jan Cornelius Haak a pu être entendu hier dans le cadre du procès intenté à Siddick Chady et Prakash Maunthrooa, ex-cadres de la Mauritius Ports Authority (MPA), devant la justice dans une affaire de pots-de-vin pour le dragage du canal Anglais dans le port. La séance a failli se terminer dès l’entame même en raison des difficultés de l’interprète assigné par la cour à s’exprimer clairement en néerlandais avec les parties présentes en cour de Rotterdam. Après de nombreuses incompréhensions, la juge de la cour de Rotterdam devait faire comprendre que « le vocabulaire utilisé par l’interprète est insuffisant et la grammaire est inadéquate ».

La Cour intermédiaire a dû ainsi se passer d’interprète pour cette séance. Le témoin Haak n’a toutefois pas eu de difficultés à répondre aux questions des avocats mauriciens en Anglais.

Par ailleurs, Me Rashid Ahmine, Deputy DPP en charge de la poursuite, a lors de la séance présenté environ sept documents à Jan Cornelius Haak, dont notamment des Powers-of-Attorney qui lui donnent l’aval de témoigner dans ce procès mais encore des documents concernant des transferts d’argent par la firme Boskalis à des tierces personnes et compagnies. Le témoin néerlandais avait expliqué qu’en tant que juriste travaillant pour Boskalis, il avait pour tâche de vérifier les documents, préparer des contrats, des réclamations, accords de vente, entre autres.

Les avocats de la défense, notamment Me Said Toorbuth, ont objecté à ce que ces documents soient présentés en cour, avançant notamment que ces documents « have not been legalised as they are foreign documents and amount to hearsay evidence ».
Sur les documents que la poursuite comptait présenter en cour hier, deux ont été rejetés par la cour, dont un portant uniquement le nom « Prakash » comme signataire. Selon la défense ce document « est inadmissible en cour car le contenu de ce document semble avoir été manipulé, avec de nombreuses parties effacées et sans sceau de la banque concernée. An amateurish work which shows that this document fails the test of genuineness », avait fait comprendre Me Siddartha Hawoldar, un des avocats représentant Prakash Maunthrooa. La magistrate Wendy Rangan a conclu que ce document ne pouvait être utilisé car il n’y a pas eu de « proper editing procedure ».

Les documents présentés par la poursuite faisaient état de transactions bancaires, dont des paiements effectués par Boskalis à des compagnies basées en Inde et à Londres. On y trouve aussi le transfert de 25 000 euros sur le compte bancaire de Gilbert Philippe, ex-président du port. Ce dernier avait expliqué la provenance de cet argent lors de son audition dans ce procès. L’audition via visioconférence de Jan Cornelius Haak se poursuit cet après-midi.

Prakash Maunthrooa, actuellement Senior Advisor au Prime Minister’s Office, est accusé de complicité dans cette affaire. Il lui est reproché d’avoir organisé une rencontre entre Siddick Chady et un représentant de la firme hollandaise, Pieter Boer, pour l’obtention d’un contrat par la compagnie, entre le 1er août 2006 et le 12 avril 2007, pour le dragage du canal Anglais dans le port.

Siddick Chady est quant à lui accusé d’avoir perçu des pots-de-vin à hauteur de Rs 3 M de la firme hollandaise Boskalis International B.V. après que celle-ci a obtenu le contrat en 2006.