Vingt jours après avoir annoncé la mise à pied de la Bramer Bank et de la BAI, des suites d’un « mega scandale de Ponzi scheme », le Premier ministre, Sir Anerood Jugnauth a animé une nouvelle conférence de presse vendredi dernier pour rassurer les détenteurs de police d’assurance à la BAI, principalement les souscripteurs du Super Cash Back Gold Scheme. Il affirme que le gouvernement a sauvé le pays d’un désastre et promet que tout sera mis en oeuvre pour traquer les coupables de ce qu’il considère comme une escroquerie préméditée réalisée avec la complicité de Navin Ramgoolam et du PTr.
SAJ rappelle avoir promis que, « nous irions jusqu’au fond de ce scandale pour faire le nettoyage nécessaire ». Il revient ainsi sur les propos qu’il a tenus le 3 avril dernier et déplore « le mécanisme monstrueux mis sur pied pour arnaquer les Mauriciens. » « Je maintiens qu’il y a eu un Ponzi de très vaste proportion », dit-il, se désolant que « certaines personnes tentent de communaliser la situation afin d’en retirer un capital politique ». Le chef du gouvernement critique principalement « certains du PTr qui sont aussi complices des arnaques de Dawood Rawat. Ils ont utilisé le pouvoir pour empêcher les institutions de fonctionner et ont laissé leurs proches faire tout ce qu’ils veulent au détriment de la population. Ils sont tous aussi coupables que Dawood Rawat et les autres personnes », dit-il.
Face à la presse, SAJ affirme qu »‘il y a eu une escroquerie préméditée avec la complicité du pouvoir PTr ». Il accuse ainsi l’ancien gouvernement d’être resté « inactif » parce que Navin Ramgoolam était proche de Dawood Rawat. « Le gouvernement PTr est resté les bras croisés et les institutions n’ont pas agi avec pour conséquence que presque 210 000 Mauriciens se sont retrouvés en difficulté après les décisions prises par la BoM et la FSC », dit-il.
Le Pm insiste, par ailleurs, sur la détermination du gouvernement de tout mettre en oeuvre contre les coupables dans le BAI Ponzi Scheme. « Mon gouvernement means business », dit-il, soulignant que le transfert des avoirs de la BAI dans le NPF et dans la compagnie d’assurance se fera dans le respect de la loi et des procédures existantes. Par ailleurs, des amendements à la loi tiendront en compte la nomination d’un Special Administrator des biens du groupe de Dawood Rawat aussi bien à Maurice qu’à l’étranger. « Nou pou ale tir tou coffres kot zot été à travers le monde. L’argent qui a servi à acheter les châteaux devra revenir aux Mauriciens et l’argent transféré sur les comptes personnels devra être remboursé. Les arnaqueurs devront payer pour le mal fait à la nation mauricienne. Aucun escroc ni complice ne sera épargné », a affirmé SAJ.
« L’intérêt national était la première priorité du gouvernement »
Pour éviter d’autres drames en raison du risque qui pesait sur le système financier, la Financial Services Commission et la Banque de Maurice ont eu à agir très rapidement, indique le Pm, insistant que l' »intérêt national était la première priorité du gouvernement ». Ainsi, outre d’avoir stoppé « cette affaire », le gouvernement a pris des mesures pour sauvegarder l’intérêt des clients de la Bramer Bank et les détenteurs de polices d’assurance à la BAI, dit-il, rappelant, en outre, la création de la National Commercial Bank. Il fait aussi ressortir que les 135 283 détenteurs de polices d’assurance réguliers ont également été protégés.
Quant aux souscripteurs du Super Cash Back Gold, SAJ rappelle que ce scheme a pris de l’ampleur en 2007 avec la décision du gouvernement PTr de taxer les intérêts touchés par les épargnants sur leurs placements bancaires. « Les gens ont cherché d’autres moyens pour placer leur argent afin de ne pas payer la taxe sur les intérêts », dit-il, expliquant que ces policy holders, même s’ils ont été tentés par de gros intérêts (allant jusqu’à 14,5% à la BAI, alors que les intérêts bancaires variaient entre 3 et 4% ), ont été victimes. Cette arnaque concerne quelque 14 570 personnes, soit 24 690 polices d’assurance, a indiqué le Pm. 
Or, alors que les détenteurs des polices d’assurance ont été invités à renouveler leurs contrats lorsqu’ils arrivaient à maturité, le retour sur investissements de la BAI tournait autour d’à peine 1%. « De nouveaux épargnants étaient recrutés parce qu’il n’y avait pas suffisamment de retour sur investissements », a expliqué SAJ. Il poursuit que la BAI a investi jusqu’à 85% des fonds recueillis des polices d’assurance dans ses related parties, alors que la loi limite le plafond à 10%. « De plus, des transferts de l’ordre de Rs 6 milliards ont été effectués sur le compte personnel de Dawood Rawat. L’argent a également été utilisé pour l’achat de châteaux et de biens immobiliers à Rome, en Roumanie, à Londres, aux Etats-Unis et ailleurs », dénonce le Pm. SAJ ne comprend pas comment certains peuvent encore défendre Dawood Rawat .