La demande de liberté conditionnelle de Younousse Mohammad Katoaroo, soupçonné d’avoir détourné Rs 80 M au préjudice de son employeur, la Bramer Banking Corporation, a été acceptée hier par la Cour de district de Port-Louis Sud.
Younousse Mohammad Katoaroo, ancien cambiste de la Bramer Banking Corporation, a comparu hier devant la Senior Magistrate Meenakshi Gayan-Jaulimsing du tribunal de troisième instance de Port-Louis. La Cour de Port-Louis a donné un ruling favorable à sa remise en liberté sous caution. Il devra fournir deux cautions de Rs 350 000 (une en liquide et l’autre en titre de propriété) et signer une reconnaissance de dettes de Rs 2 000 000. Il devra se présenter quotidiennement au poste de police le plus proche de sa localité et laisser ses coordonnées à la police. Celle-ci devra pouvoir le contacter à tout moment. « I find that the right to liberty of the Applicant outweights any risk which the society might face should he be granted bail », a-t-elle déclaré.
Cet habitant de Saint-Pierre est l’accusé N°1 dans cette affaire de fraude. Une accusation provisoire de « electronic fraud » en vertu de l’article 101 (b) de la Computer Misuse and Cybercrime Act pèse sur lui. La somme détournée de certains comptes offshores de la banque est estimée à quelque Rs 80 M. Younousse Katoaroo, âgé de 24 ans, était un cambiste de la Bramer Banking Corporation quand il aurait effectué des transferts d’argent sur plusieurs comptes de compagnies fictives. Quelque 24 personnes ont été arrêtées sous plusieurs charges dans cette affaire. Selon les enquêteurs du Central Criminal Investigation Department (CCID), d’autres arrestations suivront.
Les trois autres suspects principaux dans cette affaire sont Chandra Prakashsing Dip, fils de l’Assistant Commissionner of Police Dip, Nitish Mulloo et Saif Ullah Molarbux. Le magistrat Roshan Santokee leur avait accordé la liberté conditionnelle sous les mêmes conditions que Katoaroo. Les trois individus sont provisoirement accusés de larceny made by more than two individuals sous les articles 301 (1) et 305 (1) (b) du Code criminel. Les prévenus ont été en détention provisoire pendant plus d’un mois.
C’est le sergent Ronny Narain qui a fait part de l’objection de la police à la remise en liberté sous caution de Younousse Katoaroo. L’affaire serait toujours at « enquiry stage », selon le CCID. Les enquêteurs sont d’avis qu’une liberté conditionnelle du suspect N°1 pourrait nuire à l’enquête en cours car plusieurs autres suspects et témoins sont « at large ». Seulement Rs 100 000 ont été récupérées des Rs 80 M détournées et une dizaine de voitures d’une valeur avoisinant Rs 10 M ont aussi été saisies.
Selon l’avocat de Katoaroo, Me Rouben Mooroongapillay, l’accusé serait rentré de Malaisie afin de pouvoir collaborer avec la police dans cette affaire. Le sergent Narain n’a pas démenti ces propos de l’homme de loi.