Le leader du Reform Party (RP) et ancien ministre de la Bonne gouvernance et des Services financiers, Roshi Badhain, a organisé un « atelier de travail avec les membres de la presse mauricienne » hier à l’hôtel Voilà, Bagatelle. L’occasion pour lui d’affirmer qu’il fait l’objet de « persécutions et de harcèlement » avec la mise en place d’une commission d’enquête sur l’affaire Britam. Et d’accuser dans le même temps le Premier ministre, Pravind Jugnauth, d’être « une nouvelle fois assujetti » aux « intrigues de la cuisine interne ».
Roshi Badhain estime en outre que le gouvernement « a profité » de son absence du pays pour mettre en place cette commission d’enquête, instituée le samedi 8 par le vice-président de la République, Barlen Vyapoory, qui assurait alors l’intérim à la présidence. L’ex-ministre de la Bonne gouvernance accuse en outre le Premier ministre de « ne s’être pas tenu au courant », ni d’avoir « lu les documents relatifs aux transactions liées aux ventes des actions » de la Britam Holdings Ltd alors que « ces transactions ont été agréées par son propre ministère, dirigé à l’époque par Vishnu Lutchmeenaraidoo, suite à une requête de son homologue kényan ». Selon lui, la mise en place de cette commission d’enquête aura « des répercussions diplomatiques graves » sur la relation entre le Kenya et Maurice.
Le leader du RP accuse également la presse de n’avoir « pas enquêté » sur ces transactions « alors que des documents sont disponibles librement sur internet ». Concernant l’offre du groupe sud-africain MMI, Roshi Badhain indique qu’il était « non-binding » et comportait, en outre, certaines conditions, dont la nécessité de faire « due diligence ». Or, fait ressortir l’ancien ministre de la Bonne gouvernance, « devant la complexité de la structure des entités affiliées à la BAI, il était difficile de le faire ». Face à cela, les actionnaires de Britam, au Kenya, « sont allés voir leur ministre des Finances pour trouver une solution, car ils ne voulaient pas des Sud-Africains », celui-ci s’étant alors retourné vers le ministre des Finances mauricien « parce que, pour le Kenya, l’enjeu était national ».
Documents à l’appui, Roshi Badhain a alors explicité les moindres détails de cette affaire, à la fois pour s’expliquer et pour répondre aux questions de la presse concernant la vente des actions de la compagnie. Faisant référence aux « trous » évoqués par les ministres Sinatambou et Sesungkur, selon lui, « il n’y a pas de trous, cela concerne la valeur des actions de Britam en bourse ».
Roshi Badhain a également dénoncé l’institution de la commission d’enquête avec, pour un de ses assesseurs, Sattar Hajee Abdoula, ancien administrateur des compagnies de la BAI. « Celui-ci, dit-il, fait partie de la cuisine interne et il réclame Rs 25 millions pour 18 jours de travail ». Selon lui, « Pravind bizin aksepte se ki la kwizin intern dir », tout en estimant que « le ministre mentor, sir Anerood Jugnauth, sera contraint de venir déposer devant la commission ».
« Lakwizin pe bez boper enkor », ajoute-t-il. Et de dire qu’à travers ses agissements, le gouvernement veut « jeter de la boue sur son parti, qui attire les jeunes ».