Sous les feux des projecteurs depuis les allégations d’irrégularités et de pratiques abusives au préjudice d’Air Mauritius et en faveur de sa compagnie Cargotech Limited, Kishore Beegoo a réagi aux accusations hier au cours d’une conférence de presse. Pendant près d’une heure, il s’est évertué à clamer son innocence, chiffres à l’appui, tout en répétant qu’il n’est qu’une victime de la vendetta politique en cours depuis l’arrivée au pouvoir de l’actuel gouvernement.
« Il y a un matraquage sur Cargotech et sur Beegoo. L’heure est grave. Il semblerait que, sans raisons valables, quelqu’un, au gouvernement, veut ma tête et fait tout son possible pour arriver à ses fins. Jusqu’à même rédiger un faux rapport et lancer un chapelet de mensonges, sans aucun chiffre qui corrobore, pour mettre sur mon dos Rs 320 millions de vols », a fait comprendre Kishore Beegoo dès le début de sa conférence de presse sur l’affaire Cargotech. Et de déplorer que des indications au sujet d’un « supposé rapport » sont relayées dans la presse depuis un certain moment. Le patron de Cargotech n’a également pas manqué de faire part de son « étonnement » à l’effet que le board d’Air Mauritius ait pris la décision de consigner une déposition contre lui au Central CID à des fins d’enquête.
Après avoir fait l’historique de Cargotech Limited, incorporée en février 2002, Kishore Beegoo a réfuté les allégations de conflits d’intérêts entre ses responsabilités sur le board d’Air Mauritius et ses activités à la tête de Cargotech Limited. « J’ai pu lire que grâce à mes fonctions de Board Director, j’ai reçu des faveurs. J’étais directeur chez Air Mauritius en 2006 et nos chiffres avaient progressé en 2007. Mais vous constaterez qu’en 2007, 2008 et 2009, on a retiré notre business chez Air Mauritius. Nos revenus, alors de Rs 97 millions, sont arrivés à Rs 36 millions. Pourquoi Beegoo, qui était Board Director et qui est accusé d’avoir bénéficié de faveurs, a-t-il alors retiré son business ? La raison est simple : Air Mauritius ne voulait pas revoir ses prix au “market rate” », explique Kishore Beegoo, tout en affirmant qu’il n’était pas un « protégé » de l’ancien Premier ministre Navin Ramgoolam.
Ainsi, le patron de Cargotech Limited réclame au gouvernement d’instituer un rapport sur toute cette affaire « en vue de faire éclater la vérité », dit-il. « J’ai eu recours à cette conférence de presse très vite car on m’a informé que quelqu’un du gouvernement et une autre personne d’Air Mauritius entreprennent des démarches chez IATA avec le faux rapport pour annuler notre licence. Il y a une cabale pour fermer Cargotech Limited et faire des Mauriciens devenir chômeurs. Il y a eu ingérence politique pour qu’un faux rapport passe et envoyer Beegoo à la police. Je réclame donc au gouvernement d’instituer un “Fact Finding Commitee”. Le board doit dire au FFC sur quelle base il s’est rendu à la police : sur la base d’un faux rapport ou à la suite d’une pression politique ? S’il y a eu la moindre maldonne de ma part, j’assumerai mes responsabilités et les conséquences », a-t-il conclu.