Le procès qu’intente l’État en Cour d’assises présidée par le juge Benjamin Marie-Joseph à Dharshan Gungaram, accusé du meurtre de Ricardo Dintu en décembre 2004, a été appelé hier. Alors que la défense allait clore les débats autour de la motion de voir dire logée il y a presque un an, l’audience a été renvoyée à vendredi prochain, Me Madan Dulloo s’étant absenté pour cause de maladie.
Ce procès a débuté le 27 juin 2013 et a connu plusieurs semaines de débats autour de la motion de voir dire. La défense veut établir qu’il y a eu des cas de massive forgery au niveau des entrées faites dans l’Occurrences Book (OB) du poste de police de Vacoas, dont il conteste la production.
L’avocat de la défense, Me Madan Dulloo, devait présenter hier les derniers arguments pour clore les débats. Étant souffrant, il a cependant demandé un renvoi pour vendredi prochain. Durant plusieurs semaines de débats, la défense a contesté l’admissibilité en cour de certaines dépositions enregistrées par la police lors de l’arrestation de Dharshan Gungaram. Les deux parties se sont référées à un autre procès en vue de déterminer si les preuves de la poursuite, à savoir des dépositions enregistrées dans les Diary Books des policiers, sont recevables. À noter que le voir dire est mené en l’absence du jury. L’accusé est défendu par Me Madan Dulloo, assisté de Me Rajneesh Seeras, alors que Mes Pravin Harrah, Principal State Counsel et Anuradha Purryag-Ramful, Senior State Counsel, représentent la poursuite.
Rappelons qu’après le contre-interrogatoire d’un membre du FSL lors de la première audition, la poursuite devait appeler son deuxième témoin du jour, le PC Dargahed, celui qui avait assuré la garde de Dharshan Gungaram alors qu’il était à la CID de Vacoas — le 1er janvier 2005 à 0 h 35, le PC Dargahed aurait fait des entrées dans son Diary Book. La poursuite devait demander au policier de présenter ce document en cour, mais la défense y a formellement objecté, soulignant que de telles déclarations ne pouvaient être considérées. À cet effet, Me Madan Dulloo a objecté à ce que des out of court statements « amounting to confession or exculpating » et qui n’ont pas été faites under warning et pour lesquelles l’accusé n’avait pas été informé de ses droits en présence de son homme de loi, soient produites en cour. Se basant sur la Criminal Procedure and Evidence Act concernant l’admissibilité des confessions et des déclarations, l’homme de loi a soutenu que la cour ne peut retenir les déclarations d’un accusé faites « to inquiry officers, cell mates or any other members of the public ».
Comme l’avait indiqué Me Harrah lors de son opening speech, le corps de la victime, Charly Ricardo Linley Dintu, avait été retrouvé sans vie à proximité du Jackson City Casino, qui se trouve dans le Regent Building à Vacoas, et qui est maintenant connu comme le Royal Game Casino. Ricardo Dintu, qui était venu à la maison de jeu le 31 décembre 2004 pour jouer, aurait causé du désordre et les responsables de sécurité, employés par une firme spécialisée, ont dû intervenir pour le rappeler à l’ordre. Il fut prié de quitter les lieux. Ricardo Dintu avait été retrouvé vers 2 heures du matin, gisant sur le balcon qui se trouve en face du casino. Il portait des traces de blessures à la tête. Il vivait encore et, emmené à l’hôpital Victoria, Candos, il fut admis aux soins intensifs et placé sous respiration artificielle. Un examen au scan de la tête devait révéler qu’une balle s’y trouvait. Il rendit l’âme trois jours après. L’enquête policière avait abouti à l’arrestation des deux vigiles de la maison de jeux, Darshan Gungaram et Pravin Ramadith. Tous deux ont comparu devant le tribunal de Curepipe lors de l’enquête préliminaire, où ils ont répondu à une accusation de meurtre. Me Dulloo, fait exceptionnel pour la défense aux assises, a été autorisé à s’adresser aux membres du jury lors d’un opening speech. D’emblée, il devait soutenir qu’il y a eu des « massive forgeries in the Occurrences Book entries » concernant les incidents qui ont eu lieu dans le cadre de cette affaire. Selon l’avocat, il y aurait eu un complot pour donner une certaine interprétation au terme defalke, dans le but de « couvrir » quelque chose.