Le procès intenté à Darshan Gungaram aux Assises, accusé du meurtre de Ricardo Dintu le 31 décembre 2004, tire à sa fin. Depuis lundi, les avocats des deux parties ont effectué leurs plaidoiries en Cour. Alors que la poursuite déclare que plusieurs témoins ont incriminé Darshan Gungaram, la défense a fait ressortir que les versions des témoins appelés en Cour concordaient avec celles de l’accusé.
Entamant sa plaidoirie, Me Madan Dulloo, avocat de Darshan Gungaram, est revenu sur l’enquête préliminaire instituée en Cour de Curepipe et s’est appesanti sur le témoignage de Steeve Chavry, qui, dans une première version à la police le lendemain du drame, avait déclaré que Pravin Ramadit avait tiré sur Ricardo Dintu. Me Dulloo a fait ressortir que lors de sa première audition, le témoin Chavry avait changé de version et incriminé Gungaram, ayant comme suite l’abandon des charges contre Ramadit, qui était provisoirement accusé de meurtre. Darshan Gungaram devait quant à lui comparaître devant la cour d’Assises pour répondre d’une accusation. Me Dulloo devait souligner que Steeve Chavry avait plusieurs fois changé de versions et devait rappeler qu’il avait éclaté en sanglots lorsqu’à une question du jury, où il devait répondre que la police l’avait forcé à changer de version pour incriminer Gungaram à la place de Ramadit, remettant en question la crédibilité du témoin.
Me Dulloo devait aussi souligner que les versions des témoins concordaient avec celles de Gungaram, notamment sur la présence de deux policiers ce soir-là, de l’ouverture à la fermeture du casino. Des témoins avaient indiqué que ces policiers étaient des habitués du casino. Pravin Ramadit avait quant à lui affirmé dans ses déclarations qu’il n’y avait pas de policiers au casino ce soir-là. Me Dulloo devait ainsi ajouter que Gungaram n’a jamais menti et qu’il a toujours fait en sorte d’agir convenablement. « He did not want to incriminate anyone as he did not see who shot » devait-il déclarer.
Me Raj Baungally, représentant le ministère public, a quant à lui soutenu que plusieurs témoins avaient incriminé Darshan Gungaram et rappelé au jury que les événements de cette nuit-là prouvaient que Gungaram était bien l’auteur du crime, avançant que les portes du casino avaient été verrouillées, avec les clients à l’intérieur, pour que l’accusé puisse s’en sortir en remplaçant le revolver par un verre de bière « and go home without suspicion ». Me Baungally devait aussi déclarer que les allégations de « cover-up » formulées par la défense étaient « far-fetched », soulignant qu’il était impossible que l’accusé ait été forcé de changer de version lors de l’enquête puisqu’il était en présence de son avocat.
Concernant la présence des officiers de police au casino dès 21 h ce soir-là, Me Baungally devait ajouter que, selon les diary book entries, les deux policiers étaient présents au poste de police vers 23 h 55 afin d’effectuer leurs third-shift parade, soulignant par ailleurs que l’heure indiquée sur les images des caméras de vidéosurveillance montrant les deux policiers au casino pouvait ne pas concorder avec l’heure indiquée par l’officier quand il s’est rendu au poste de police de Vacoas. Il a de plus indiqué que selon l’Arms and Ammunitions Book du poste de police, aucun rapport ne faisait état d’armes à feu manquantes.