Le procès qu’intente l’État à Dharshan Gungaram, accusé du meurtre de Ricardo Dintu en décembre 2004, a été appelé hier aux Assises devant le juge Benjamin Marie-Joseph et en présence du jury. Les conclusions du juge sur la motion de voir dire ayant été rendues il y a quelques semaines, avec le rejet des entrées de l’Occurrence book contestés par la défense, le procès pourra reprendre à nouveau sur le fond le lundi 20 octobre.
Le procès intenté à Dharshan Gungaram avait débuté le 27 juin 2013 et avait connu plusieurs semaines de débats autour de la motion de voir dire logée par Me Madan Dulloo, pour contester la production des entrées de l’Occurrence Book en Cour, indiquant qu’il y avait eu des cas de « massive forgery » au niveau de ces entrées consignées au poste de police de Vacoas.
Me Dulloo avait soutenu que cette déposition de son client avait été prise « en violation des droits constitutionnels » de l’accusé et qu’il avait été « malmené par la police » pour qu’il « dise certaines choses contre sa volonté ». Selon la défense, « this statement was obtained unlawfully, by improper and unfair means ». Le représentant de la poursuite, Me Raj Baungally, avait quant à lui indiqué que l’accusé « s’était plaint de quelque torture de la part de la police ». Il devait aussi faire ressortir que l’OB entry portait la signature de l’accusé, précisant que ce dernier était « une personne instruite » et qu’il devait comprendre la teneur du document qu’il signait. Me Dulloo devait par ailleurs attirer l’attention sur le témoignage du constable Durgahed. Appelé comme témoin pour la première fois au début du procès aux Assises, il n’avait jamais déposé lors de l’enquête préliminaire. L’avocat a expliqué que ce n’est que lorsqu’il a produit ce document en Cour que la défense en a pris connaissance et y a tout de suite objecté. Me Dulloo a soutenu dans sa plaidoirie que la motion de voir dire avait permis de faire la lumière sur la façon dont l’enquête policière s’est déroulée et sur ses « nombreuses irrégularités ». « Two police officers were involved in massive forgery as they were desperate to find the weapon which was the key to everything. It came out during the proceedings that these two police officers were present on the scene of crime. We realise the role of each and every police officer. We can here talk of cover up », a-t-il soutenu.
Dans un ruling rendu il y a quelques semaines, le juge Benjamin Marie-Joseph devait ainsi trancher en faveur de la défense, statuant que les OB entries contestés par la défense ne seraient pas présentés lors du procès. Par ailleurs, la motion de stay of proceedings logée par la défense a été rejetée par le juge. Le procès reprendra lundi prochain.
Rappelons que les faits remontent à décembre 2004. Charly Ricardo Linley Dintu avait été retrouvé sans vie à proximité du Jackson City Casino, au Regent building, à Vacoas, maintenant connu comme le Royal Game Casino. Le 31 décembre 2004, Dintu aurait « causé du désordre » et les responsables de sécurité, employés par une firme spécialisée, ont dû intervenir pour le rappeler à l’ordre. Il avait alors été prié de quitter les lieux. Ricardo Dintu avait été retrouvé vers 2 heures du matin gisant sur un balcon en face du casino. Il avait rendu l’âme trois jours plus tard. L’enquête policière avait abouti à l’arrestation des deux vigiles de la maison de jeux, Dharshan Gungaram et Pravind Ramadith. La défense est représentée par Mes Madan Dulloo et Neelkant Dulloo. La poursuite quant à elle est représentée par Mes Raj Baungally et Pravind Harrah.